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Violences policières : la France dans le viseur de l'ONU

Pays : France

Tags : violences policières, discrimination

L'interpellation de François Bayiga en mai 2016, la mort d'Adama Traoré deux mois plus tard, et les violences commises contre le jeune Théo L. en février 2017 : sur ces trois affaires, des experts du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme demandent à la France de faire la lumière. Ils craignent que ces cas présumés de violences policières ne soient "pas des incidents isolés", et s'interrogent sur "l'impunité" pour les policiers mis en cause. 

Violences policières : la France dans le viseur de l'ONU
Violences policières : la France dans le viseur de l'ONU L'ONU demande des comptes à la France à propos de trois affaires récentes de violences policières. Violences policières : la France dans le viseur de l'ONU

 

"Un décès par mois" selon l'ACAT

"Les violences policières prennent avant tout pour cible des populations paupérisées et racialisées", peut-on lire dans la tribune publiée fin juin par le Collectif des universitaires contre les violences policières. D'après le rapport de l'Association des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), "ces cinq dernières années, on compte en moyenne un décès par mois" liés à des interventions de police sur des personnes non-blanches. 

Lorsque des policiers sont mis en cause dans ce type d'affaires, ils sont rarement condamnés. C'est l'IGPN, Inspection générale de la police nationale, qui est en charge de ces problématiques, mais elle ne se saisit que des cas considérés comme les plus graves. En 2014 par exemple, sur 5178 signalements transmis par des citoyens, seuls 32 ont donné lieu à des enquêtes. 

Un "racisme institutionnel" en Allemagne ?

Même problème en Allemagne : en 2014, sur 2138 plaintes déposées contre des policiers pour des "lésions corporelles", seuls 33 ont donné lieu à une condamnation. 

En ce qui concerne plus particulièrement les cas de violences policières liées à des discriminations raciales, la France n'est pas la seule à s'être fait interpeller par l'ONU. En 2015, des experts de l'organisation s'inquiétaient déjà "d'actes racistes" commis par des policiers allemands. En février 2017, ils ont publié une note à ce sujet, dans laquelle ils font part de leurs préoccupations  :

"Le groupe de travail s'inquiète de l'impossibilité d'enquêter efficacement et d'obtenir justice dans les cas de discrimination et de violence à l'égard des personnes issues de l'immigration africaine, particulièrement de la part de la police. Parmi les exemples, on trouve le cas de M. Oury Jalloh, un demandeur d'asile africain mort en détention à Dessau en 2005. Il y a des soupçons de "biais racial" concernant son arrestation et les mauvais traitements qu'il a reçus, ainsi qu'un manque de transparence dans l'enquête sur les circonstances de sa mort. Le groupe de travail pense que le racisme institutionnel et les stéréotypes racistes dans le système judiciaire empêche d'enquêter correctement et de poursuivre les personnes mises en cause. Il n'y a pas d'instance indépendante." Les Nations Unies doivent publier en septembre 2017 leurs recommandations à l'Allemagne concernant ces questions. 

 

 

Dernière màj le 22 juillet 2017