|

Venise, la Mostra à mi-parcours

Pays : Italie

Tags : Venise, Mostra, Festival, Cinéma

Elle est dure la vie de critique sur le Lido. Entre Spritz-Aperol sur la lagune et plongées dans les salles obscures, rien ne semble vraiment surnager. A part peut-être l’olive dans le susnommé cocktail. En attendant le chef d’œuvre, notre reporter a péché deux perles : The Look of Silence, deuxième volet d’un documentaire sur le génocide indonésien de 1965, et un film iranien sur la violence sociale au pays des mollahs.

Les journalistes et les cinéphiles transitent d'une salle à l'autre à la recherche du chef d'œuvre de ce 71ème festival du film de Venise. Pour l'instant, ils ont beau chercher, il n'y a pas l'air d'y avoir grand-chose à voir sur le Lido. La plupart des films sont de bonne facture mais l'inspiration manque souvent. Les thèmes ne manquent pourtant pas : des coeurs brisés et des amours malheureuses (3 coeurs de Benoît Jacquot), la crise immobilière ou l'affrontement entre l'éthique et la cupidité (99 Homes de Ramin Bahrani), la vie aux côtés de la mafia calabraise (Ames noires de Francesco Munzi) ou encore une mère accro à la médecine alternative qui laisse son bébé mourir de faim (Hungry Hearts de Saverio Costanzo)...

 

En savoir plus sur "The Look of Silence"

A voir à la Mostra de Venise, The Look of Silence figure parmi les favoris, un documentaire réalisé par Joshua Oppenheimer, sur les massacres en Indonésie en 1965. Reportage.

Seule véritable surprise de cette Mostra pour l'instant : le documentaire The Look of Silence de Joshua Oppenheimer, deuxième acte du génocide indonésien de 1965 après le très réussi et déconcertant The Act of Killing. Le film brise le vieux tabou des exécutions de masse au cours desquels environ un million de personnes auraient été tuées. Les bourreaux d'autrefois sont aujourd'hui au pouvoir et les proches des victimes sont condamnées à cohabiter avec eux.

 

Autre massacre, autre film. Le génocide des Arméniens de 1915 est le sujet du film The Cut. Le cinéaste Germano-turc Fatih Akin, attaqué par des nationalistes turcs avant l'avant-première du film, raconte cette histoire avec beaucoup de volonté mais les réactions sur le Lido sont réservées.

 

En savoir plus sur "The Tales"

Violences familiales, chômage, toxicomanie et cauchemars bureaucratiques forment la trame de ce film en compétition. Reportage.

Arbitraire des fonctionnaires, chômage, violence dans les familles et dépendance aux drogues... Le film Ghesseha ("histoires" en farsi, The Tales pour le titre anglais) de la réalisatrice iranienne Rakkshan Banietemad dresse un portrait d'un Iran loin des clichés et plus proche de l'Occident que l'on pourrait le penser. Pendant les huit années de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir, Rakkshan Banietemad s'était, en signe de protestation, refusée à tourner des longs-métrages. Elle avait préféré se concentrer sur la production de courts-métrages et de documentaires. Ainsi, pour éviter la censure, Rakkshan Banietemad a déclaré avoir réalisé huit courts-métrages bien distincts. En Iran, aucune loi n'interdit de diffuser à la suite plusieurs films de courte durée. Grâce au changement de régime, l'oeuvre complète Ghesseha, pouvoir sortir dans les salles iraniennes.

 

Les jury et les journalistes n'ont plus beaucoup de temps pour tomber sur un trésor. Le lion d'or doit être attribué dans une semaine et avec un peu de chance il le sera à un chef d'œuvre.

Dernière màj le 8 décembre 2016