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Union européenne – Interdiction de mourir

Pays : Union européenne

Tags : cimetière, mort

Cimetières bondés, communes dépeuplées. Dans plusieurs villages européens des mesures existent pour inciter les habitants à décéder ailleurs.

 

Visiblement, David Zicchinella ne supporte plus les enterrements. Désabusé par le déclin démographique de sa commune, le maire de Sellia (Italie), petit village de Calabre de 500 habitants, a donc décidé de s’en prémunir. En août 2015, l’édile a fait voter un décret municipal pour interdire à ses administrés… de mourir. « Légalement, je ne le peux pas [interdire de mourir] directement, a précisé ce pédiatre au Guardian. Mais mon intention est de combattre la mort. » Et d’ajouter : « Ceux qui ne prennent pas soin d’eux ou ont des habitudes qui nuisent à leur santé verront leurs taxes augmenter. » A Sellia, la plupart des habitants ont plus de 65 ans.

Pour permettre à la population de respecter cette nouvelle réglementation, la municipalité a mis en place un nouveau service sanitaire où les habitants peuvent se présenter afin de réaliser des bilans de santé.  « La réaction de nos concitoyens a été plus qu'encourageante : en un mois, cent personnes ont utilisé les services mis à leur disposition », se réjouit le maire. En cas de non respect de cette disposition locale, les retraités de Sellia ne risquent pas non plus la ruine. Ceux qui refuseraient de faire les démarches pour effectuer des « check-up » réguliers, peuvent s’attendre à être condamnés à une amende de 10 euros par an.

Pas de tombes disponibles

Le site d’information Slate rappelle que Sellia n’est pas la seule commune d’Europe qui cherche à bannir la mort de son territoire. Outre le déclin démographique, les municipalités avancent l’argument de cimetières devenus trop petits. C’est le cas à Falciano del Massico (Italie), Lanjaron (Espagne) ou encore à Sarpourenx, dans le Béarn, comme l’avait rappelé en 2011, le journal Sud-Ouest. En 2008, Gérard Lalanne, le maire aujourd’hui disparu de la commune, avait prononcé un arrêté afin d’interdire aux habitants de mourir dans leur village, faute de tombe disponible, sous peine de « sévères sanctions ». Abrogée par son successeur, la mesure avait fait un « buzz » macabre, attirant même à Sarpourenx une équipe de télévision japonaise.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016