|

Le parti libéral de Mark Rutte en tête, loin devant ses rivaux

Pays : Pays-Bas

Tags : élections législatives, extreme droite

Ce mercredi 15 mars, les Néerlandais se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés. Le parti libéral du Premier ministre Mark Rutte arrive largement en tête, devant le parti d'extrême-droite PVV notamment. Celui-ci était pourtant donné gagnant dans les sondages au début de la campagne, qu’il avait menée tambour battant contre l’immigration et l’islam.

Quels résultats ?

Le parti du Premier ministre Mark Rutte s'impose donc comme la première force politique, avec 33 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement. Et même si sa formation reste en tête de l'échiquier politique, sa descente est nette, avec 7 sièges de moins qu'en 2012. Le PVV de Geert Wilders se classe deuxième avec 20 sièges, suivi par l'Appel chrétien-démocrate et les sociaux-libéraux, qui ont chacun obtenu 19 sièges. Le parti écologiste Groenlinks, qui a fait une campagne remarquée sous l'égide du charismatique Jesse Klaver, a obtenu 14 sièges (contre 10 en 2012).

Mark Rutte a salué une victoire contre ce qu'il appelle "le populisme de mauvais aloi". Geert Wilders a quant à lui reconnu sa défaite et a annoncé qu'il était prêt à former une coalition gouvernementale avec d'autres partis, même si toutes les forces politiques du pays ont d'ores et déjà refusé cette éventualité. Remerciant ses électeurs pour "le bon score remporté", le candidat d'extrême droite ne compte pourtant pas en rester là : "Mark Rutte n'est pas encore débarrassé de moi !" a-t-il lancé sur Twitter.

 

 

En France, ce résultat a été salué sur Twitter par le président François Hollande et par le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

 

 

 

 

Le ministère des Affaires étrangères allemand a lui aussi salué la défaite du PVV : "Les Hollandais ont opposé un refus au populisme. Tant mieux, nous avons besoin de vous pour une Europe forte !".

 

 
 

Retrouvez ci-dessous les thèmes ayant marqué la campagne, ainsi que les enjeux du scrutin.

Qui a voté ?

12,9 millions d’électeurs étaient attendus aux urnes. Ils devaient élire leurs députés parmi les vingt-huit partis candidats, un record cette année. La participation s'élève à 81% contre 75% lors des dernières élections de 2012. A 18 heures, un électeur sur deux avait déjà voté mais les résultats s’annonçaient serrés, d’autant que la veille, 60% des inscrits ne savaient toujours pas pour qui voter.

Quel avenir pour le parti de Geert Wilders  ?

Après le Brexit et la victoire de Donald Trump, les Etats membres redoutaient une percée de Geert Wilders, susceptible d'ouvrir la voie à la montée du populisme en Europe. Dans son programme exposé sur une simple feuille A4, Geert Wilders avait promis de fermer les frontières aux immigrants musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées.

 

Quels enjeux pendant la campagne ?

Plus virulente que les précédentes, la campagne a été marquée par un net glissement des débats vers la droite. Hormis Geert Wilders, d’autres candidats comme le Premier ministre lui-même, ont ainsi mis l’accent sur ce qu’ils appellent les “ valeurs néerlandaises”. L'Appel Chrétien-démocrate (CDA) a notamment proposé d'obliger les écoliers à chanter l'hymne national et a rouvert le débat sur la double nationalité.

Et maintenant ?

Il faudra attendre encore une semaine pour connaître les résultats officiels. Par peur d'attaques informatiques, les bulletins seront intégralement décomptés à la main. Comme onze autres Etats européens, les Pays-Bas sont une monarchie constitutionnelle, régie en plus par un scrutin proportionnel. Après examen des votes, le Conseil électoral annoncera donc la composition de la nouvelle chambre le 21 mars. Celle-ci pourra s’installer à la Haye en vue d'élaborer, par l’intermédiaire d’un membre choisi, la composition du futur gouvernement.

 

Les forces politiques qui composent l'actuel Parlement :

 

 

D’où vient la montée islamophobe ?
Les discours anti-islam trouvent de plus en plus d’échos aux Pays-Bas. Leur montée en puissance inquiète les autres Etats membres qui voient dans ces élections législatives un test pour l’ensemble de l’Europe. Comme le souligne un article du Figaro, plusieurs facteurs peuvent expliquer le phénomène. Le malaise identitaire serait né du choc lié au 11 septembre 2001 : les Pays-Bas découvrent alors que plus de 40% de leurs citoyens musulmans “comprennent pourquoi l'attaque a eu lieu”. Des voix s’élèvent pour dénoncer la mauvaise intégration des immigrés. Certaines d’entre elles prônent un discours radical, comme le leader populiste Pim Fortuyn, précurseur de Geert Wilders, assassiné par un militant écologiste en 2002, et le cinéaste Theo Van Gogh, critique de l'islam, assassiné par un islamiste marocain. Leur créneau : surfer sur les idées nationalistes, l’islamophobie et l’incapacité de la classe politique à apaiser les tensions communautaires. Cette cristallisation des opinions s’opère dans les deux camps : en 2015, le parti Denk voit le jour pour défendre les revendications des immigrants, majoritairement turcs et marocains. Les récentes prises de position du Président turc Erdogan sur fond de crise diplomatique entre Ankara et La Haye risque d’ajouter encore de l’huile sur le feu.

 

 

Dernière màj le 16 mars 2017