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Allemagne : "un enfant sur sept est victime d'agression sexuelle"

Pays : Allemagne

Tags : abus sexuel, enfants, étude, Allemagne

D’après les dernières recherches de la clinique universitaire d’Ulm, "un enfant sur sept est victime d’abus sexuel en Allemagne". Des crimes qui ont lieu dans tout le pays et qui ne doivent pas être passés sous silence. ARTE Journal a rencontré Markus Diegmann qui, chaque week-end, arpente les marchés du pays. Son objectif : faire signer une pétition pour obtenir l’abrogation pure et simple du délai de prescription pour les abus sexuel sur mineur. Il a lui-même été victime de viols pendant son enfance, mais ne peut plus engager de poursuites judiciaires contre son agresseur. 

"Un enfant sur sept est victime d’abus sexuels"
"Un enfant sur sept est victime d’abus sexuels" ARTE Journal a rencontré Markus Diegmann, victime qui milite pour qu'aucun crime sexuel ne soit prescrit.

 

Le délai de prescription en débat

En Allemagne et en France, la prescription des crimes sexuels sur mineurs est en discussion :

En France, un rapport commandé par le ministère de la famille plaide en faveur de l’allongement du délai de prescription. Il préconise que les mineurs victimes de violences sexuelles bénéficient de dix ans de plus pour porter plainte, soit jusqu’à trente ans après leur majorité.

En Allemagne, les politiques ont renforcé les droits des victimes à la suite de divers scandales. En 2013, ils ont étendu le délai de prescription prévu par le droit civil de trois à trente ans. Et, depuis 2015, le droit pénal prévoit que le délai de prescription des infractions sexuelles graves court jusqu’à l’âge de 30 ans.

 

La protection des enfants est une mission permanente

Les victimes d’abus sexuels doivent tout d’abord surmonter le traumatisme. Cela peut se produire immédiatement après l’agression ou seulement des années plus tard, lorsque les souvenirs remontent. En France, plusieurs plans d’aide aux victimes prévoient la mise en place de médecins référents dans les hôpitaux et le renforcement de l’aide que les associations apportent aux victimes.

En Allemagne, les victimes se sentent souvent seules. Les places en thérapie sont encore beaucoup trop peu nombreuses. Le professeur Jörg M. Fegert, qui a mené l’étude de la clinique de l’université d’Ulm, plaide pour des mesures d’urgence visant à accroître la prévention et à consolider l’accompagnement des victimes sur l’ensemble du territoire.

Voici les conclusions de cette étude : 

 

 

Cette étude a été conduite en 2010, puis une nouvelle fois en 2016. L’équipe du professeur Jörg M. Fegert a distribué de porte à porte le "Childhood Trauma Questionnaire" (CTQ ou "questionnaire sur les traumatismes des enfants") à 2.500 personnes. Le CTQ comprend vingt-huit affirmations, par exemple "Pendant mon enfance et ma jeunesse, quelqu’un a essayé de me toucher" ou "Je crois que j’ai été maltraité pendant mon enfance ou ma jeunesse". Les personnes interrogées évaluent les propositions sur une échelle qui va de "ne correspond pas du tout" à "très fréquent".

Le questionnaire est considéré comme fiable et est de plus en plus utilisé au niveau international. Il n’y a pas de chiffres similaires pour la France. Selon l’Association de protection de l’enfance, en France, une fille sur huit et un garçon sur dix ont été abusés sexuellement avant leurs 18 ans. L’organisation mondiale de la santé estime qu’une fille sur cinq et un garçon sur treize ont été abusés sexuellement dans le monde.

 

A consulter aussi : chronique des scandales d'abus sexuels qui ont fait la une des journaux :

Dernière màj le 31 mai 2017