L'auteur présumé de l'attentat de Berlin abattu à Milan

Pays : Allemagne

Tags : Berlin

Anis Amri, le Tunisien de 24 ans soupçonné d'être l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Berlin a été abattu par la police italienne à Milan dans la nuit de jeudi à vendredi, comme l'a confirmé le ministère de l'Intérieur italien. L'organisation Etat islamique a revendiqué mardi soir l'attaque, qui a fait au moins douze morts et quarante-huit blessés.

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Anis Amri, le Tunisien de 24 ans suspecté d’être l’auteur de l’attentat de Berlin, a été abattu par la police italienne à Milan. Selon plusieurs médias italiens rapportant des informations policières, le jeune homme a été arrêté à bord d'une voiture vers 3 heures du matin vendredi lors d'un contrôle de routine. Il a sorti une arme avant d'être abattu par la police. Le ministre de l’Intérieur italien Marco Minniti a confirmé ces informations lors d'une conférence de presse. Après avoir quitté la Tunisie en 2011, Anis Amri avait vécu plusieurs années en Italie avant de rejoindre l’Allemagne.

Un suspect déjà surveillé par les autorités allemandes

Le parquet antiterroriste avait identifié mercredi le suspect de l'attentat comme étant Anis Amri, un Tunisien de 24 ans, et publié un avis de recherche assorti d'une récompense. "Un avis de recherche a été émis à minuit pour l'Allemagne mais aussi pour l'espace Schengen, c'est-à-dire en Europe", avait indiqué le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière, confirmant des informations de presse, à l'issue d'une réunion avec des députés allemands. "Il s'agit d'un individu classé dangereux, que les services de sécurité connaissaient et qui appartenait à la scène islamiste-salafiste", a ajouté le député Stephan Mayer. 

Un ministre régional allemand de l'Intérieur, Ralf Jäger, avait en parallèle révélé que le suspect était un demandeur d'asile faisant déjà l'objet d'une enquête pour soupçon de préparation d'attentat avant l'attaque de lundi soir. La police judiciaire de la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où l'homme avait séjourné quelques temps après son arrivée en Allemagne en début d'année, a ouvert cette enquête pour "acte grave mettant en danger l'Etat" allemand. Il serait lié à un réseau de recruteurs présumés du groupe EI en Allemagne et considéré comme particulièrement dangereux, selon les quotidiens Süddeutsche Zeitung et Bild.

C'est le parquet de Berlin, où le suspect s'était installé, "qui menait les investigations", a précisé Ralf Jäger, qui est ministre pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il a aussi indiqué que la demande d'asile du Tunisien avait été rejetée en juin dernier et que l'homme faisait l'objet d'une procédure d'expulsion vers son pays. Mais "la Tunisie a d'abord nié que l'homme était tunisien", et donc refusé toute expulsion sur son territoire, avant finalement tout récemment de reconnaître sa nationalité, a dit le ministre.

Les autorités allemandes restent toutefois prudentes, après le couac de mardi lorsque la police a finalement mis hors de cause un Pakistanais présenté par le gouvernement comme le principal suspect de l'attentat. Thomas de Maizière a rappelé que "suspect ne veut pas dire qu'on est l'auteur". Lundi, un jeune homme de 23 ans suspecté d'être le conducteur du camion avait été arrêté. Le parquet fédéral a indiqué mardi soir qu'il avait été relâché, faute d'éléments suffisants. L'enquête a été confiée au parquet anti-terroriste.

Daech revendique l'attentat

Mardi soir, l'organisation terroriste Etat islamique a revendiqué l'attaque via son agence Amaq. "Un soldat de l'EI a commis l'opération de Berlin en réponse aux appels à cibler les ressortissants des pays de la coalition internationale" anti-EI, explique cet organe de propagande. 

La chancelière allemande avait évoqué dans la matinée un "attentat terroriste" et laissé entendre que son auteur était probablement un demandeur d'asile : "Je sais que cela serait pour nous particulièrement difficile à supporter s'il se confirme que cet acte a été commis par une personne qui a demandé à l'Allemagne protection et asile", a-t-elle déclaré. Un peu plus tard, le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière, l'avait confirmé : "Nous n'avons plus aucun doute : ce qui s'est passé hier soir est effectivement un attentat".

Les victimes

Un bilan provisoire du drame de lundi fait état d'au moins douze morts et de quarante-huit personnes hospitalisées, dont certaines dans un état grave. Aucune indication n'a été donnée sur l'identité des victimes. L'une d'elles, retrouvée dans la cabine du camion, est le chauffeur routier polonais, à qui l'assaillant a apparemment volé le véhicule. Il a probablement cherché à contrer l'action de l'auteur de l'attentat, selon des médias allemands, qui assurent qu'il a tenté en vain de s'emparer du volant de son camion. 

 

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