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Troisième jour de heurts sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem

Pays : Israël, Palestine

Tags : Jérusalem-Est, Juifs, Musulmans

Palestiniens et policiers israéliens se sont de nouveau affrontés ce mardi sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, au troisième et dernier jour des célébrations du nouvel an juif. Ces violences suscitent l'inquiétude de l'Onu et la colère de la Jordanie.

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L'esplanade, qui abrite la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, est considérée comme le troisième lieu saint de l'islam, mais elle est aussi révérée par les juifs comme le mont du Temple, où se dressait le second Temple détruit par les Romains et dont l'unique vestige, le mur des Lamentations, est situé en contrebas. Des juifs radicaux militent pour le droit d'y prier et certains rêvent d'y construire le troisième Temple.

Depuis le début des célébrations de Roch Hachana - le nouvel an juif - dimanche, le scénario se répète quotidiennement : des hommes masqués sont retranchés dans la mosquée Al-Aqsa en signe de protestation contre les visites des juifs sur l'esplanade. Les heurts éclatent quand les policiers entrent sur le site pour les en déloger avant l'ouverture à 7h30 des visites pour les non musulmans.

Les violences se sont étendues aux ruelles étroites de la Vieille ville, secouées par des charges répétées de la police lançant des grenades assourdissantes sur des manifestants palestiniens et arabes israéliens et les quolibets et slogans de ces mêmes manifestants à l'adresse de visiteurs juifs sous forte escorte. Mardi, vingt-six Palestiniens ont été blessés, dont deux hospitalisés, selon le Croissant-Rouge. Cinq policiers ont été aussi blessés selon la police.

La visite depuis dimanche de plus d'un millier de touristes et de juifs sur le site, a renforcé les craintes des Palestiniens et des autorités musulmanes qu'Israël n'impose une division de fait du lieu saint : le matin pour les juifs, le reste du temps pour les musulmans. Mais le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui doit réunir en soirée ministres et responsables de la sécurité, a de nouveau assuré dimanche ne pas vouloir toucher à ces règles tacites.

A l'entrée de l'esplanade, un écriteau annonce que son accès est en théorie (ou en tout cas, selon la Torah) interdit aux juifs (photo : Donatien Huet/ARTE Info).  

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Le statu quo, hérité du conflit de 1967, autorise les musulmans à monter à toute heure du jour et de la nuit sur l'esplanade et les juifs à y pénétrer à certaines heures mais sans y prier.

Le roi Abdallah II de Jordanie a mis en garde lundi Israël contre toute "nouvelle provocation", prévenant qu'elle "affectera la relation" entre les deux Etats qui ont signé la paix. En novembre, Amman avait rappelé son ambassadeur après des heurts similaires. Les violences ont suscité des appels à la réserve à travers le monde. Les Etats-Unis ont appelé les deux parties à éviter "toute action de provocation" pour "préserver le statu quo inchangé et historique" sur l'esplanade située à Jérusalem-Est, partie palestinienne occupée et annexée par Israël. Le patron de l'Onu Ban Ki-moon a exprimé son "inquiétude face à l'escalade dans les lieux saints et aux autres violences, y compris la mort d'un Israélien" qui a perdu dimanche le contrôle de son véhicule probablement après des jets de pierres dans un quartier palestinien de Jérusalem.

 

Les tensions actuelles à Jérusalem-Est ne sauraient se résumer à des motifs d'ordre religieux. Implantations de colonies, menaces de destructions de leurs habitations, pauvreté, obstacles administratifs et physiques à leur libre-circulation... les raisons de la frustration des Palestiniens demeurant dans la partie orientale de la ville à l'égard de l'occupant israélien sont bien plus vastes.

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016