|

Touche pas à mon eau !

Pays : Union européenne

Tags : Eau, Privatisation

Cette semaine, Vox Pop s’intéresse au business de l’eau et à la guerre qui oppose partisans et adversaires de sa privatisation. Une privatisation qui s’accompagne le plus souvent d’une hausse substantielle des tarifs.

 

MAGAZINE EUROPEEN- VOX POP (25)

C'est une ressource vitale qui attise toutes les convoitises et génère des profits colossaux. Partout dans le monde, la bataille pour la gestion de l'eau fait rage entre grandes sociétés privées et défenseurs d'une eau publique. En Europe, de plus en plus de voix s'élèvent désormais pour dire « stop » à la mainmise du privé sur cette ressource collective, dénonçant un prix en hausse, des tarifs arbitraires et une gestion opaque.

Vague de privatisations

C'est ainsi qu'une initiative citoyenne européenne, procédure de démocratie participative introduite par le traité de Lisbonne, intitulée Right2Water (« Droit à l'eau ») est parvenue à recueillir 1,9 million de signatures pour obliger la Commission européenne à se pencher sur le dossier. Cela n'a pas suffi à endiguer la vague de privatisation des services de l'eau en Europe. D'autant que Bruxelles est la première à encourager les pays endettés à céder leur eau au secteur privé pour renflouer leurs caisses. C'est le cas en Grèce, où les citoyens sont vent debout contre ce processus. En mai dernier, lors d'un référendum organisé à Thessalonique, les habitants ont ainsi voté à une écrasante majorité (98 %) contre la privatisation de l’eau.

Quand les tarifs débordent

Autre exemple, l’Espagne où on ne compte plus les municipalités qui ont transféré leur gestion de l'eau à des multinationales pour tenter d'éponger leurs dettes. Tant et si bien qu'aujourd'hui plus de la moitié des services de l'eau du pays sont passés sous capitaux privés. Avec une conséquence directe pour les usagers : l'augmentation des tarifs (+ 25% à Barcelone en un an, + 40% à Huelva depuis 2011).

Dans certaines capitales européennes comme à Paris ou à Berlin, après des années de gestion privée, on assiste à un mouvement inverse, la « remunicipalisation » de l'eau. C'est ainsi que les habitants de la capitale allemande ont dit « stop » à Veolia. Depuis que la régie des eaux a été renationalisée, les Berlinois ont vu leur facture baisser de 15 %.

 

Manuel Vicuña

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016