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Syrie : la Russie veut "montrer l’exemple" en retirant ses troupes

Pays : Syrie

Tags : ONU, Conflit, Syrie, Russie, Armée

Mardi 15 mars, la Russie a entamé le retrait de la majeure partie de son équipement militaire présent en Syrie, selon le ministère de la Défense russe. Tout un symbole, alors que le conflit syrien fête tristement son cinquième anniversaire. Dans un même temps, un nouveau cycle de négociations a débuté à Genève, lundi 14 mars, entre des représentants du gouvernement de Damas et de la rébellion armée. Le moment choisi par Vladimir Poutine pour retirer ses troupes est donc plus qu’opportun. Mais si le gouvernement de Moscou s’en félicite, il entend toutefois continuer ses frappes contre des "objectifs terroristes" en Syrie. Un terme laissé volontairement flou, qui justifierait d’éventuelles frappes russes non seulement contre Daech, mais aussi contre les rebelles syriens.

"J’espère que cette décision sera un bon signal envoyé à toutes les parties belligérantes", a déclaré Vladimir Poutine lundi soir, faisant suite à l’annonce du retrait partiel des troupes russes de Syrie. Mardi matin, les premiers avions de transport et bombardiers russes ont quitté leurs bases en Syrie. Le Kremlin a en effet estimé que "les objectifs fixés au ministère de la Défense [russe] ont été atteints". Néanmoins, les bases russes en Syrie "poursuivront leur travail". Difficile alors de mesurer l’ampleur exacte de ce retrait, d’autant que peu de détails filtrent sur le nombre d’effectifs russes présents en Syrie. Un communiqué du Kremlin précise qu’une présence aérienne serait maintenue pour contrôler l’application du cessez-le-feu ; une nouvelle déclaration plus que paradoxale, tant certaines frappes russes en Syrie peuvent paraître ambigües.

Le retrait des troupes russes de Syrie va contribuer à augmenter la pression sur Bachar Al-Assad

Frank-Walter Steinmeier, chef de la diplomatie allemande - 15/03/2016

La Russie avait lancé sa campagne militaire en Syrie le 30 septembre 2015, dans le cadre d’une opération de lutte contre le terrorisme international, en soutien au régime de Bachar Al-Assad, allié de Moscou. Depuis, plus de cinquantes avions russes ont visé des milliers de ces "cibles terroristes". Une force de frappe qui a notamment permis à l’armée syrienne d’engranger des victoires, alors qu’elle se trouvait en mauvaise posture à l’été 2015. Ainsi, le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a pour sa part estimé que le retrait des troupes russes de Syrie allait contribuer à "augmenter la pression" sur le président Bachar al-Assad.

La reprise des négociations de paix :

Négociations à Genève : un espoir de paix après cinq ans de guerre ?

Peu après l’annonce du retrait des troupes russes, le Kremlin a fait savoir que Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec Bachar Al-Assad : un entretien qui a permis de souligner que "les conditions actuelles permettent de commencer un processus de paix sous l’égide des Nations unies", note le Kremlin dans un communiqué.

Grâce à la trêve entrée en vigueur le 27 février dernier, respectée "à 80-90%" selon le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le contexte apparaît effectivement plus favorable que lors des pourparlers précédents, qui avaient tourné court au début du mois. L’acheminement d’une aide humanitaire de l’ONU à 250.000 personnes dans des zones assiégées va également dans ce sens.

Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, a, lui, affirmé que "la mère de toutes les questions" était de trouver un accord sur une transition politique pour la Syrie, devant permettre ensuite d’organiser des élections.

Selon la feuille de route de l'ONU, le pays devrait amorcer une nouvelle constitution dans les six prochains mois et les Syriens devraient élire un nouveau parlement dans les dix-huit mois à venir. Ce plan permettrait de faire enfin cesser l'horreur qui a commencé le 15 mars 2011 par des manifestations pacifiques et qui depuis a coûté la vie à plus de 270 000 personnes.

Russia Works, une agence spécialisée dans le tournage par drones pour le compte de VGRTK, la compagnie nationale de télévision et radio russe, a posté fin janvier une vidéo montrant le spectacle de désolation de Homs (troisième ville de Syrie) tombée en ruines. La voici, accompagnée des éclairages d'ARTE Info sur la guerre dévastatrice et le drame humanitaire qui ravage la Syrie depuis maintenant cinq ans :

Un drone filme Homs en ruines
Un drone filme Homs en ruines Un drone filme Homs en ruines Un drone filme Homs en ruines

 

Dernière màj le 8 décembre 2016