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Suède – La semaine de 30 heures

Pays : Suède

Tags : travail, bonheur au travail

La municipalité de Göteborg tente une expérience révolutionnaire : travailler moins pour produire plus et mieux

Travailler moins rendrait plus heureux, mais aussi plus productif. En Suède, Göteborg en fait l’expérience depuis le mois de février 2015. Comme le raconte The Guardian, le maire-adjoint de Göteborg, Mats Philhem, membre du parti de gauche, a demandé depuis lors aux employés municipaux du secteur de la santé, sur la base du volontariat, de se scinder en deux groupes. Le premier doit travailler six heures par jour quand le second reste à huit heures. Le tout à salaire égal. Avec pour objectif de pouvoir comparer, à terme, leur productivité respective et leur bien-être. « Nous espérons que le personnel réduira son nombre de congés maladie et qu’il se sentira mieux mentalement et physiquement grâce à des journées plus courtes », avait souhaité Mats Pilhem, à l’annonce du projet en avril 2014.

Les premiers résultats de l’expérience sont tombés et l’adjoint au maire semble voir ses vœux exaucés. Le passage aux 30 heures hebdomadaires est salué aussi bien par le personnel que par la direction. La qualité des services a été améliorée et les employés se disent bien plus heureux et plus productifs. Quatorze postes supplémentaires ont même été créés. « Avant, j’étais tout le temps fatiguée. En rentrant chez moi, je m’écroulais sur mon canapé. Mais maintenant, je suis beaucoup plus en forme et j’ai beaucoup plus d’énergie pour travailler mais aussi pour ma vie de famille», explique au quotidien britannique Lise-Lotte Pettersson, une infirmière de 41 ans.

850 000 euros par an

Comme le rappelle Francetvinfo.fr, citant également le Guardian, la Suède est un pays pionner en matière de réduction du temps de travail. L'usine d'assemblage Toyota de Göteborg est elle aussi aux 30 heures depuis 13 ans. Le site fonctionne douze heures par jour tout au long de l’année avec deux équipes travaillant six heures chacune. Un rythme qui ne concerne que les mécaniciens et les employés, mais pas les cadres. Ainsi, depuis 2002, les profits de Toyota sont en hausse de 25% malgré des salaires supérieurs à la moyenne du secteur automobile. «Le personnel se sent mieux, il y a moins de turn-over et le recrutement est plus facile», se réjouit Martin Banck, directeur de l’usine.

Reste que le Parti Libéral, qui vient de rafler la ville à la gauche, n’est pas enchanté par l’expérience. Cette dernière pourrait même prendre fin dès 2016. La nouvelle majorité pointe en effet du doigt le coût de la mesure : 850 000 euros par an.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016