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Stelios Kouloglou fâché contre les Allemands

Pays : Grèce

Tags : Stelios Kouloglou

Stelios Kouloglou est en guerre. En guerre contre les banques et l’Europe qui, dit-il, font subir à son pays "une asphyxie économique", mais en guerre aussi contre l’Allemagne. Pour lui, pas de doute, ce qui se passe en Grèce n’est rien moins qu'un "coup d’État silencieux, où les banques ont remplacé les chars". L’eurodéputé grec, membre de Syriza, était invité à une soirée-débat de soutien au peuple grec, le 20 mai dernier à Mulhouse. Il n’a pas mâché ses mots. 

La salle est pleine, les 120 sièges sont occupés et les organisateurs ont même refusé du monde. Dans le public, beaucoup de militants politiques ou syndicaux, un public acquis à la cause de Syriza. Stelios Kouloglou est en terrain conquis, il n’y aura pas de débat contradictoire ce soir-là, et ses paroles choc font mouche. A ses côtés, un autre député européen est également présent, Patrick Le Hyaric,  directeur de l’Humanité dimanche et membre lui aussi de la gauche unitaire européenne (GUE/NGL).

 

La soirée se tient au Bel Air, le dernier cinéma d’art et d’essai de Mulhouse et est organisée par Alterpresse 68. Ce journal en ligne, de gauche, est à l’initiative d’un collectif de soutien au peuple grec réunissant plusieurs organisations locales.

 

 

Les médias ont mené une campagne farouche contre Syriza avant les élections"

 

Durant ses quinze minutes d’intervention et le débat qui suit, c’est un discours à charge. Stelios kouloglou commence par s’en prendre aux médias, les médias grecs aux mains des oligarques mais aussi les médias étrangers qui, ensemble, ont mené "une campagne farouche contre Syriza avant les élections", allant jusqu’à sous-entendre qu’une victoire de Syriza ferait plonger l’économie grecque qui "contaminerait ensuite l’économie de l’Eurozone, celle des États-Unis, du Japon" pour aboutir à "la fin du monde".  

 

 

Concernant la France, ces prêts bilatéraux lui auraient rapporté environ 730 millions d’euros en quatre ans

>>> Lire l'article de Liberation.fr

Aux yeux du député européen, le média le plus virulent envers les Grecs est sans conteste le quotidien populaire allemand, Bild qui a, à maintes reprises, présenté les Grecs comme étant "fainéants, paresseux et corrompus". Pour Stelios Kouloglou, tout cela n’est qu’hypocrisie quand on considère que "l’Allemagne a presque gagné un demi-million d’euros avec les intérêts du prêt grec."  Il n’épargne pas non plus la France, et en premier lieu son président. Selon lui, François Hollande, en coulisses, dirait aux Grecs "oui, vous avez raison", mais n’a pas le courage de tenir tête à Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. 

 


Quand il intervient, Patrick Le Hyaric ne dit pas autre chose. Il estime que c’est dès le premier conseil européen qui a suivi la victoire de Syriza, que François Hollande et Matteo Renzi, le Premier ministre italien, auraient dû et pu exiger d’Angela Merkel plus de souplesse sur la question grecque. Une occasion manquée en quelque sorte. 

 

Si Syriza échoue, ce sont les néonazis et l’extrême droite grecque qui profiteront de la situation."

 

Le député grec termine en expliquant que si "la Grèce est traitée comme le mauvais élève, celui qui doit être puni sévèrement", c’est pour éviter qu’elle ne donne de bien mauvaises idées aux autres élèves de la classe européenne, pour qu’ils "restent calmes et surtout ne rêvent pas. Car le rêve et l’espoir sont interdits.
A l’issue du débat avec le public, Stelios Kouloglou lance une dernière salve contre l’Allemagne, et pas des moindres : "Si Syriza échoue, ce sont les néonazis et l’extrême droite grecque qui profiteront de la situation. Et ce sera la deuxième fois que l’Allemagne impose à la Grèce un régime nazi." Dans le public, quelques têtes acquiescent. 

 


Les Mulhousiens solidaires des Grecs


A Mulhouse, le collectif de soutien au peuple grec a commencé à mettre en place des actions concrètes, comme des partenariats avec des hôpitaux grecs ou des jumelages avec des écoles. Une délégation de militants doit d’ailleurs bientôt partir en Grèce pour développer ces projets. Quand on demande à des gens venus assister et participer au débat ce qu’ils pensent de la situation en Grèce, ils évoquent tous leur solidarité avec les Grecs. Chacun est prêt à participer, à aider d’une façon ou d’une autre : envoyer des médicaments ou de la nourriture sur place, contribuer aux partenariats avec des collectivités grecques. Mais au-delà de la solidarité, c’est surtout de la colère qu’ils expriment… 

 

 
Dernière màj le 8 décembre 2016