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Sortie de crise au Mali

Pays : Mali

Tags : Mali, MNLA, Kidal, IBK

Après un week-end de tensions et d’affrontements dans le nord du Mali, traduit par 36 morts et une trentaine d’otages détenus par les rebelles touaregs, la situation s’apaise. Le cessez-le-feu est respecté lundi et les opposants du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) ont libéré les fonctionnaires maliens capturés.

Après les affrontements du week-end, la négociation a repris le dessus. Le responsable militaire des casques bleus, le général Kazura, s’était rendu dès dimanche à Kidal pour négocier avec les rebelles touaregs. Les discussions ont abouti avec dans un premier temps avec un cessez-le feu dès dimanche 18 mai au soir, qui a été respecté, puis dans un deuxième temps, la libération de la trentaine d’otages, lundi 19 mai en fin de journée. Il s’agissait de hauts fonctionnaires, de militaires et de cadres de l'administration malienne.

 

Pour le MNLA, ce geste est la preuve de volonté : « Nous avons décidé de remettre l'ensemble des prisonniers de guerre. [...] C'est un signe de notre disponibilité à répondre positivement à tout ce qui peut calmer la situation », a indiqué Mossa Ag Attaher, le porte-parole du mouvement armé. Les rebelles azawadiens ont en revanche refusé de se retirer des locaux du gouvernorat qu’ils occupent. Le secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Acherif, assure que c'est de ce point stratégique que les forces maliennes ont lancé leur combat contre eux samedi matin, et que le cessez-le-feu reste encore trop fragile.

 

Dès lundi, Bamako confirmait d'ailleurs l'arrivée ces dernières 24 heures de 1500 soldats maliens en renfort à Kidal et en promet davantage encore. Un succès pour le Président Ibrahim Boubacar Keita qui réalise là l'une de ses promesses de campagne, à savoir ramener l'armée malienne à Kidal. Samedi, les deux parties s’étaient livrées à des combats meurtriers qui ont fait 36 victimes dont 8 soldats maliens. Dimanche, le Premier ministre malien, Moussa Mara, n'avait pas mâché ses mots : "Les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes", a-t-il indiqué au lendemain des violences survenues à Kidal (1500 kilomètres au nord-est de Bamako), alors qu’il se trouvait lui-même à Kidal. Il s'agissait de sa première visite dans les régions nord du pays depuis qu'il a pris ses fonctions début avril mais il a dû écourter sa tournée. Dans un communiqué publié dimanche, le ministre malien de la Défense a indiqué que les soldats ont "repris le contrôle de tous les bâtiments administratifs à l'exception, pour le moment, du gouvernorat, où le MNLA et les terroristes détiennent une trentaine de fonctionnaires en otages".

 

Le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) réclame l’indépendance de la région et reste très activement déployé dans toute la zone et autour de la ville de Kidal plus particulièrement. L’armée française devait « réorganiser » sa mission d’intervention dans les prochains jours, en déplaçant 3000 soldats « dans la bande  sahélo-saharienne », mais en raison des événements de ce week-end, le ministère de la Défense a annoncé mardi que cette opération est décalée « de quelques semaines ».

Dernière màj le 8 décembre 2016