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Seznam, Qwant, Ecosia : des alternatives à Google

Pays : République Tchèque

Tags : Internet, moteur de recherche, Web, Google

Difficile de lutter contre le géant de la Silicon Valley, roi des moteurs de recherche. Mais là où la plupart des concurrents échouent, Seznam, le principal portail tchèque, fait de la résistance.

 

C’est devenu un automatisme, une sorte d’embrayage incontournable de l’Internet. Avant chaque déambulation sur le Web, les Européens, comme la majorité de la population mondiale, entrent leur requête dans une barre de recherche, surplombée de six lettres multicolores formant le mot « Google ». Pas en République Tchèque. Là-bas, deux tiers des internautes, toutes générations confondues, utilisent Seznam, le moteur de recherche local. Signifiant « liste », en tchèque, référence aux nombreux services de proximité qu’elle propose, l’entreprise est l’un des fleurons économiques du pays.

Créé en 1996 par un étudiant en informatique, deux ans avant Google, Seznam aurait fidélisé plus de cinq millions d’internautes, soit un habitant tchèque sur deux. Composée de 1100 salariés, c’est l’entreprise la plus convoitée par les jeunes diplômés tchèques. En 2014, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 114 millions d’euros. Face à un tel adversaire, Google avait lancé en 2010 une campagne de communication massive pour conquérir  les internautes locaux, en inondant les médias de spots publicitaires. Une initiative qui n’a pas bouleversé l’hégémonie de Seznam dans le pays.

Qwant, le Google européen ?

Mais la République Tchèque est bien une exception. En Europe, en 2015, 93,64% des recherches Internet s’effectuent à partir de Google, suivi de l’Américain Bing (2,5%) et de Yandex RU (1,1%), un portail russe très utilisé par les communautés russophones. Si, à l’origine, Google n’était qu’un moteur de recherche, sans doute le meilleur au niveau de la pertinence des liens, l’entreprise américaine a su développer un nombre incalculable de services à destination des internautes, de la gestion du courrier électronique avec « Gmail », en passant par celle du calendrier avec « Google Agenda », ou encore le stockage et l’édition de documents via son application « Drive ».

D’autres concurrents tentent, avec moins de succès que Seznam, d’apporter une alternative au quasi-monopole de Google. C’est le cas de Qwant. Créé en 2013 par deux Français, la start-up souhaiterait s’ériger en Google européen. Principale différence avec la compagnie de la Silicon Valley, Qwant inclut dans ses recherches les réseaux sociaux. « Nous sommes attachés à l’idée de garder une vision ouverte du Web, alors que Google exclut une partie des contenus », déclare Eric Léandri, l’un des deux fondateurs, au quotidien La Croix. Qwant, dont l’audience progresse de 10 à 20% tous les mois selon Les Echos, a généré 1,6 milliard de requêtes en 2014.

Et pour les internautes à la fibre citoyenne, il existe aussi des moteurs de recherche « équitables », comme Ecosia. La start-up berlinoise, fondée en 2009, reverse 80% de ses revenus publicitaires à un programme de reforestation au Brésil. De quoi surfer utile !

 

Dernière màj le 13 janvier 2017