Rwanda : le déclic high-tech

Pays : Rwanda

Tags : génération technophile

Un vent d’optimisme souffle sur la génération née après le génocide de 1994 qui a fait plus de 800.000 morts. Le pays voit dans les nouvelles technologies un moteur de sa renaissance.

Rwanda, High tech made in Kigali
Rwanda : le déclic high-tech 20 ans après le génocide, le pays voit dans les nouvelles technologies un moteur de sa renaissance. Rwanda : le déclic high-tech

 

Même s’il n’apprécie pas la liberté d’expression propre aux réseaux sociaux, le président Kagame mise sur le numérique et sur une nouvelle génération technophile pour développer le pays. Pourtant, les trois quarts de la population rwandaise n’ont pas accès à l’électricité et les jeunes entrepreneurs sont confrontés à un manque de compétences.

Mais dans la capitale, Kigali, les entrepreneurs high-tech en herbe se retrouvent au kLab, financé par le gouvernement et des organisations internationales. Un environnement propice aux échanges, à l’émulation collective et à l’éclosion des start-up. La création est essentiellement virtuelle, que ce soit des sites internet, des services par sms, ou des applications pour téléphones portables.

S’il est vital de créer de l’emploi, alors que près de la moitié du budget du pays dépend de l’aide internationale  et que 40% des Rwandais vivent sous le seuil de pauvreté, les banques sont frileuses à l’idée de prêter de l’argent à ces jeunes qui veulent se lancer en vendant leurs idées sans garanties financières. Des obstacles évidents pour cette transition vers un avenir technologique…


De Michael Unger, Eric Bergeron, Frédéric Grimm et Clément Uwiringiyimana – ARTE GEIE - France 2017

Pas de progrès sans démocratie

Le Rwanda est un pays émergent, qui compte parmi les pays d'Afrique connaissant la plus forte croissance. Un développement cependant limité par l'autocratie du président Kagamé et les atteintes à  la liberté d'expression. Nous avons demandé à Ndarama, l'un des rares dessinateurs de presse rwandais connu à l'étranger, de nous dessiner sa vision du Rwanda. Des dessins qui paraissent bien "inoffensifs", à travers lesquels on perçoit le poids de l'auto-censure. Journalistes et caricaturistes rwandais risquent des sanctions, la prison, voire pire, s'ils s'aventurent à critiquer ouvertement le gouvernement. Pour autant, "sans démocratie, nous explique Ndarama, le développement du pays ne durera pas".

Ndarama Assoumani est né le 12 Août 1985 à Bujumbura au Burundi. Il s'est installé au Rwanda après le génocide, pour faire ses études d'art à Kimihurura et à Kicukiro College à Kigali. Sa carrière de dessinateur a débuté en 2007 en tant que pigiste pour plusieurs grands médias comme les magazines Ingabo, Le Service Mag, Igihe Ltd, Ruhagoyacu ou Imvaho Nshya. En raison de son travail en partie critique, il a perdu son poste de permanent dans l'un des journaux pro-gouvernementaux. Ndarama pense qu'en tant que dessinateur au Rwanda, il doit toujours regarder avec un «troisième œil», rivé sur ce qui est politiquement tabou dans son pays.