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Royaume-Uni – Statistiques ethniques à l’université

Pays : Royaume-Uni

Tags : statistiques ethniques, discrimination

Alors qu’une étude révèle que les salaires des diplômés noirs sont inférieurs à ceux des blancs, un plan de lutte contre les discriminations crée la polémique.

Dans les universités du Royaume-Uni, les quotas ethniques pourraient bientôt devenir la règle, révèle le journal Le Monde. Alors qu’une étude du Congrès des syndicats britanniques, publiée le 1er février 2016, indique que les salaires des jeunes diplômés noirs sont en moyenne inférieurs de 23 % à ceux des diplômés blancs, le premier ministre britannique David Cameron entend lutter contre ces discriminations. Une loi gouvernementale devrait prochainement contraindre les universités à publier les origines sociales et ethniques, ainsi que le genre des étudiants qui y sont inscrits.

Dans un communiqué, le 10 Downing Street a justifié ainsi cette mesure : « Cette nouvelle obligation va révéler les universités qui affichent une faible représentation des minorités ethniques ou des classes défavorisées. » Dans une tribune publiée le 31 janvier 2016 dans le Sunday Times, David Cameron n’a pas hésité à pointer du doigt la prestigieuse université d’Oxford comme mauvaise élève de la diversité. Le premier ministre a expliqué qu’en 2014, seuls 27 étudiants noirs y étaient entrés, sur un total de 2 500 nouveaux inscrits. Un comble pour une fac qui dispense des cours contre le racisme. « Je sais que les raisons sont complexes, et qu’une scolarité médiocre peut en faire partie, mais je suis inquiet de voir que l’université dont j’étais si fier ne fait pas assez pour attirer les talents du pays », s’est encore ému le premier ministre.

 
Interdites dans l’Hexagone

 

La critique n’a évidemment pas été bien accueillie par les universités concernées, poursuit le journal Le Monde. Oxford a indiqué ne pas « voir la nécessité » d’une telle loi, puisque « les inégalités sociales et leurs effets apparaissent avant même que les enfants ne commencent leur scolarité ». Formellement interdites dans l’Hexagone, les statistiques ethniques font depuis de nombreuses années l’objet de débats en France. Dernier en date, celui lancé par François Fillon en septembre 2015, qualifiant, après tant d’autres, ces statistiques de « tabou » à faire « sauter ».

 

Dernière màj le 8 décembre 2016