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Robin Williams s’est envolé

Pays : États-Unis

Tags : Robin Williams, Hollywood

"Robin Williams était un aviateur, un médecin, un génie, une nounou…et tout le reste. Mais il était unique en son genre". Barack Obama, président des Etats-Unis, l’a bien compris : Robin Williams était un acteur qui endossait les différents rôles avec une aisance déconcertante. Mais de Peter Pan à Madame Doubtfire en passant par le docteur Patch et le professeur John Keating, jamais le comédien n’a travesti sa personnalité sans pareille.

Il a pourtant démarré sur grand écran dans le Popeye hasardeux de Robert Altman, en 1980 : un premier rôle bien loin d’avoir marqué les esprits. C’est dans le costume de Peter Pan que la jeunesse des années 1990, se souvient de Robin Williams : dans Hook, version du conte écossais signée Steven Spielberg, l’acteur américain incarne tout en sensibilité cet adulte qui se souvient qu’un jour, il était enfant. Et le rôle lui va, pour ainsi dire, comme un collant. Syndrome latent chez Robin Williams, le complexe de Peter Pan n’a de cesse de l’imprégner : en 1992, il enchaîne avec Toys de Barry Levinson, avant de jouer dans Jumanji en 1995, un ambitieux film d’aventure autour d’un jeu de société. Mais si le public retient Robin Williams pour son sourire, beaucoup connaissent également sa voix, qu’il prête en 1992 au Génie du film d'animation Aladdin. Fait du hasard, le rôle de Madame Doubtfire, qu’il incarne en 1993, n’est pas sans rappeler celui de Dustin Hoffman dans Tootsie : les deux acteurs se donnaient la réplique, deux ans plus tôt, dans Hook.

Filmographie sélective

Popeye (1980), Good Morning Vietnam (1987), Le Cercle des poètes disparus (1989), Hook (1991), Madame Doubtfire (1993), Jumanji (1995), Jack (1996), Will Hunting (1997), Docteur Patch (1998), Insomnia (2002), La Nuit au musée (2006)

 

Un acteur dramatique plébiscité

Good Morning Vietnam, le Cercle des poètes disparus, Hamlet : comme les deux faces d’une même pièce, le jeu d’acteur de Robin Williams, au-delà du rire, a également su émouvoir. La reconnaissance par ses pairs est d’ailleurs venue de là, puisqu’en 1998, il reçoit l’Oscar du "meilleur acteur dans un second rôle" pour son interprétation dans Will Hunting ; son personnage de psychologue empathique, donnant la réplique à Matt Damon, marque alors toute une génération de cinéphiles. Apogée du versant dramatique de l’acteur, son rôle de tueur machiavélique dans Insomnia de Christopher Nolan : "bien qu'on considère traditionnellement Robin Williams comme une vedette comique, nous avons toujours aimé ses compositions dans des films comme le Cercle des poètes disparus ou Will Hunting. Nous avons pensé qu'il serait fascinant dans le rôle de ce tueur lisse et impénétrable", explique Andrew A. Kosove, producteur d’Insomnia.

 

Le clap de fin pour Robin Williams est lui plus que dramatique. Souffrant de "sévère dépression", selon son attaché de presse, depuis quelques mois, l’acteur se serait suicidé par asphyxie. Peut-être l’interprète de Peter Pan nous rappelle-t-il qu’à Hollywood, celui qui vole très près du soleil peut aussi s’y brûler les ailes.

Dernière màj le 8 décembre 2016