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Référendum sur l’Ukraine : le non des Néerlandais

Pays : Union européenne

Tags : Référenfum, Russie, Ukraine

Les électeurs ont dit "non". A environ 61%, l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne a été débouté. Le taux de participation s’élève à 32,2%, un score faible mais suffisant pour valider ce référendum. Et s'il reste consultatif, il n'en inquiète pas moins Bruxelles, au moment où les Pays-Bas assurent la présidence tournante de l'UE.

61,1% 

des Néerlandais ont répondu non à cette question : "Approuvez-vous l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine ?"

ANP - 07/04/2016

Ce référendum a été convoqué par des associations eurosceptiques, qui ont réussi à récolter plus de 300 000 signatures pour organiser ce vote. Depuis 2015, une nouvelle loi autorise ce type de consultations d’initiative populaire et permet aux Néerlandais de s’exprimer sur des décisions législatives. "Un référendum sur une sortie de l'Europe n'est pas encore possible et c'est pourquoi nous saisissons toutes les opportunités pour placer la relation UE-Pays-Bas sous tension", a ainsi déclaré le président du collectif qui est à l'origine de cette pétition, Arjan van Dixhoorn.

 

 

L’accord entre l’UE et l’Ukraine est-il en péril ?

D’une certaine façon oui : la ratification par les vingt-huit Etats membres de l’UE et par l’Ukraine est nécessaire. A l’heure actuelle, le texte est ratifié par vingt-sept pays et est maintenant suspendu à la décision finale des Pays-Bas. Si ces derniers le rejettent, c’est tout l’accord - entré en vigueur le 1er janvier 2016 - qui sera abandonné. Certes, le résultat de ce référendum est strictement consultatif, mais il met le gouvernement néerlandais dans une position des plus délicates. En suivant le résultat de ce référendum, il met "sous tension la relation UE-Pays-Bas". En l’ignorant, il tournera le dos à une partie de son électorat. Quoiqu’il arrive, les eurosceptiques ont frappé fort et ont gagné une bataille.
 

A quoi les Néerlandais ont-ils dit non ?

Nik Tam, 65 ans, a été interviewé par l’AFP. Voici comment il justifie son "non" à l’accord d’association : "LUkraine ne peut pas entrer dans l'Union européenne, ça fait trop de monde". En fait, Nik, cet accord ne prévoit pas l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne, mais la création d’une zone de libre-échange entre les deux entités. Fin 2015, le premier secrétaire à l’Economie et au Commerce de la délégation de l’UE en Ukraine, Jocelyn Guitton, définissait les grandes lignes de cet accord : "Conformément aux engagements pris par les présidents de l’Ukraine et de la Commission européenne, Petro Porochenko et Jean-Claude Juncker, lors du premier sommet Europe-Ukraine, le 27 avril à Kiev, l’accord d’association comprenant une zone de libre-échange entre ce pays et l’Union européenne (UE) entrera en vigueur le 1er janvier prochain".

En Ukraine, comment ce résultat est-il perçu ?

Le président ukrainien Petro Porochenko n’est pas inquiet. Pour lui, ce "non" n’est pas un "obstacle" à cet accord. Il a publié un communiqué le 7 avril au matin : "Je tiens à souligner que ce référendum, conformément à la Constitution et à la législation des Pays-Bas, ne dispose que d'un caractère consultatif. Maintenant, la balle est entre les mains du gouvernement, du Parlement et des hommes politiques des Pays-Bas. Je suis sûr que stratégiquement, cet événement n'est pas un obstacle sur le chemin de l'Ukraine vers l'Europe".

En Russie, c’est une aubaine

Vladimir Poutine n’en demandait pas tant. Il n’a pas eu à bouger le moindre doigt pour mettre à mal la politique pro-européenne de l’Ukraine. Après l’annexion de la Crimée et son forcing pour déstabiliser l’Ukraine, la Russie a dû essuyer bon nombre de sanctions européennes et ne pouvait que constater les perfusions de l’UE pour maintenir à flot l’Ukraine. Finalement, il fallait attendre : les eurosceptiques ont le vent en poupe en Europe et parviennent à saboter des enjeux qui les dépassent. 

Dernière màj le 9 avril 2017