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Référendum catalan : qu'en pensent les députés européens ?

Pays : Union européenne

Tags : Catalogne, indépendance, Eurodéputé, Séparatiste

Mercredi 4 octobre, la Catalogne était au cœur des débats en session plénière au Parlement européen de Strasbourg. Trois jours après le référendum sur l'indépendance de la région espagnole, les députés se sont réunis pour évoquer la "Constitution, l'état de droit et les droits fondamentaux en Espagne à la lumière des événements en Catalogne". Cette crise que traverse le pays est le reflet de spécificités et de revendications au sein de différentes régions de pays membres de l'Union. Que pensent les députés européens régionalistes du mouvement politique en Catalogne, à la lumière du "oui" au référendum sur l’indépendance de la région ? Quel rôle devrait jouer l'Union européenne dans la résolution du conflit entre le pouvoir central espagnol et la Catalogne ? Le mouvement catalan peut-il influencer les régions séparatistes ? Entretiens vidéos avec plusieurs députés européens régionalistes. 

Jordi Solé Ferrando, député européen, représentant de la Gauche républicaine de Catalogne

"Un médiateur international doit faire comprendre au pouvoir central espagnol qu'il est temps de faire de la politique, avec des négociations et des dialogues."

L'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) souhaite une Catalogne indépendante. Le parti occupe environ 40% des sièges au parlement régional catalan. Au Parlement européen, Jordi Solé Ferrando est l'un des deux représentants de son parti, avec Josep-Maria Terricabras.

 

 

Le Premier ministre catalan, Carles Puigdemont, devrait annoncer les résultats officiels du référendum du 1er octobre dans les prochaines heures. Une fois ceux-ci établis, une période de 48 heures est nécessaire avant la déclaration d'indépendance. Celle-ci pourrait être déclarée vendredi, samedi ou lundi 9 octobre.

 
Izaskun Bilbao Barandica, député européen, représentante du Parti nationaliste basque

"Nous avons souvent demandé la médiation européenne, lorsque les deux parties sont incapables de parler de politique"

 

Le pays basque espagnol a beaucoup plus de droits et d'autonomie à l'échelle nationale que la Catalogne. L'indépendance fiscale du pays basque diffère nettement de celle des catalans. Mais en ce qui concerne le prolongement de ce statut d'autonomie, le pays basque a du mal à trouver un nouveau dénominateur commun avec le gouvernement central. Cependant, les chrétiens-démocrates au pouvoir se considèrent explicitement comme intermédiaires entre l'État central espagnol et le pays basque, où les forces traditionnellement de gauche et pro-européennes exigent l'indépendance.

 

 

Mark Demesmaeker, député européen, représentant de l'Alliance Néo-flamande

"L'Union Européenne doit jouer un rôle de médiateur, avant qu'il ne soit trop tard."

 

L'Alliance néo-flamande, est un parti séparatiste de la droite libérale belge. Il défend un "nationalisme humanitaire" et reconnaît l'Union européenne comme un organe démocratique. Mark Demesmaeker soutient qu'un socle de valeurs européennes devient de plus en plus important pour la sauvegarde des valeurs et des traditions régionales. L'Alliance néo-flamande est ainsi fondamentalement différente des autres partis séparatistes de Flandre, qui adoptent des positions extrémistes de droite, voir xénophobes, et souhaitent se détourner de l'Europe. Cependant, dans le cas d'un référendum potentiel, les Flamands seraient confrontés au même problème que les Catalans : la Constitution du Royaume de Belgique ne permet pas aux séparatistes d'organiser légalement un référendum sur l'indépendance.

 

 

 

Dernière màj le 7 octobre 2017