Redémarrage d’un réacteur nucléaire en Corée du Nord

Pays : Corée du Nord

Tags : Corée du Nord, nucléaire

 

 

Après avoir évoqué la possibilité d’un lancement de satellites dans les prochains jours, la Corée du Nord annonce aujourd’hui le redémarrage d’un réacteur nucléaire. Des déclarations lancées comme des provocations envers la communauté internationale. 

 

Considéré comme la principale source du plutonium de qualité militaire de Corée du Nord, le complexe nucléaire de Yongbyon avait été partiellement détruit, en 2007, suite aux accords de désarmements signés avec la Corée du Sud. Pourtant, la finalisation des travaux de remise en service, commencés en 2013, vont permettre à la Corée du Nord de pouvoir à nouveau profiter de la centrale. Au cœur de celle-ci, un réacteur de cinq mégatonnes qui inquiète les pays voisins. Selon les spécialistes, un tel réacteur serait capable de fournir six kilogrammes de plutonium par an, soit une quantité suffisante pour une bombe nucléaire. Le but de Pyongyan est clair : poursuivre sa politique de dissuasion nucléaire : "Si les Etats-Unis et les autres forces hostiles continuent à mettre en œuvre leur politique hostile irresponsable, (la Corée du Nord) se tient prête à riposter à n'importe quel moment avec l'arme nucléaire" a annoncé le directeur de l'Institut de l'énergie atomique (IEA) de Corée du Nord, lors d’une interview à l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

Cette annonce arrive à peine vingt-quatre heures après que le directeur de l’agence spatiale nord-coréenne a évoqué la possibilité de lancer des satellites par fusées dans les prochaines semaines, et plus particulièrement, à l’occasion de la fête du Parti des travailleurs de Corée, seul parti du pays, le 10 octobre. "Le monde verra très clairement une série de satellites (...) s'envoler dans le ciel à des dates et dans des lieux déterminés par le comité central" a-t-il déclaré lundi soir, à la KCNA. Sur les images satellites, les experts de l'Institut américano-coréen de l'Université Johns Hopkins estiment que la base de lancement de Sohae avait été améliorée et peut maintenant acceuillir une fusée de 50 mètres, soit plus d'une fois et demi plus grande que la fusée UNHA-3 lancée en décembre 2012. A l’époque, l’action de Pyongyang avait entraînée de nouvelles sanctions à l’égard du pays et une crise dans les relations diplomatiques de la région.

"La Corée du Nord recherche toujours l'attention de la communauté internationale et sait que son programme d'armements est un bon moyen de la capter." estime Koh Yu-Hwan, de l'Université Dongguk de Séoul. D'ors et déjà, Corée du Sud, a annoncé que le lancement de satellites, serait jugé comme un "acte grave de provocation". Quoi qu’il en soit, ces deux annonces pourraient bien être au centre des prochaines discussions entre les Etats-Unis, le Japon, la Chine et la Corée du Sud, que ce soit lors du prochain sommet sino-américain ou lors de la visite, à la fin du mois, du président chinois Xi Jinping à Washington. Elles pourraient aussi conduire à l’annulation de la prochaine réunion des familles séparées par la guerre prévue du 20 au 26 octobre prochain.