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À quoi sert l'Otan aujourd'hui ?

Pays : Monde

Tags : Daech, OTAN, bruxelles, Donald Trump

Le nouveau siège de l'Otan à Bruxelles, dont la construction aura duré plus de dix ans et coûté près d’un milliard d’euros, sera inauguré lors de son vingt-sixième sommet jeudi, en présence de Donald Trump. Le président américain effectue sa première visite dans la capitale européenne. Lui qui avait menacé de quitter l’Alliance pendant sa campagne a fait volte-face depuis son élection. Aujourd’hui, il voit en elle un puissant "rempart pour la paix et la sécurité internationale". Un brusque changement de ton que les États-Unis justifient par la montée en puissance du groupe Etat islamique.

À quoi sert encore l'Otan ?
À quoi sert encore l'Otan ? Jugée obsolète par Donald Trump, l'Otan fait un retour en force, avec l’inauguration de son nouveau QG. À quoi sert encore l'Otan ?

 

L’ambiance est fébrile au nouveau siège de l’Otan. La vingt-sixième rencontre de l’Organisation se tient le 25 mai à Bruxelles. Longtemps considérée en Europe comme un bouclier sécuritaire déployé par les États-Unis, l’Alliance est aujourd’hui sommée de rendre des comptes par Donald Trump. Ces derniers mois, le président américain a creusé le malaise parmi les États membres, invitant ceux qui "ne paient pas leurs factures" à quitter leur siège. En réalité, le reproche n’est pas nouveau. Pendant ses deux mandats, Barack Obama n’a cessé de réclamer un meilleur "partage du fardeau budgétaire" avec ses partenaires européens. Sans succès. 
 
 

Premiers contributeurs, les États-Unis assurent 75% du budget de l’organisation. Leur participation devrait encore augmenter en 2017, tandis que celle des autres membres a diminué. Depuis la chute du mur de Berlin et la création de l’Union européenne, les budgets militaires en Europe ont considérablement baissé et ce n'est que depuis la crise ukrainienne en 2015 que la défense s’inscrit à nouveau parmi les priorités de Bruxelles. En 2014, vingt-six États membres de l’UE ont ainsi promis d’investir davantage dans l’Otan, pour atteindre à l’horizon 2014 une participation égale à 2% de leur PIB. Actuellement, seuls cinq pays de l'Alliance atteignent cet objectif : les États-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce, l’Estonie et la Pologne.
 

Pour y remédier, les membres de l'Otan veulent mettre en place un suivi des dépenses avec des "rapports annuels". Objectif : renforcer la présence en Europe de l'Est. Quatre bataillons placés sous le commandement des États-Unis ont été déployés en Pologne et dans les pays baltes l'an dernier et ces prochaines semaines, l'Alliance accueillera un vingt-neuvième membre, le Monténégro.

 

Washington espère ainsi garder Moscou dans ses radars mais aussi augmenter les moyens de lutte contre le terrorisme, son principal ennemi depuis le 11 septembre 2001. En venant à Bruxelles, Donald Trump caresse l'espoir de voir la présence des Alliés renforcée en Syrie et en Irak. Actuellement, Washington mène une coalition internationale à laquelle tous les États membres de l'Otan participent individuellement même si l'Alliance, elle, se contente officiellement d’apporter un soutien logistique depuis la Turquie. 

Dernière màj le 25 mai 2017