Qui sont les trois piliers du gouvernement Tsipras ?

Pays : Grèce

Tags : Gouvernement, Tsipras

Seulement trois jours après son triomphe aux élections législatives, Alexis Tsipras, nouveau premier ministre grec, a inauguré mercredi 28 janvier son tout premier conseil des ministres. Dans son discours d'ouverture, il a officiellement réaffirmé sa volonté de "négocier un allégement de dette",  souhaitant trouver "une solution juste, viable et mutuellement utile" avec les créanciers de la Grèce. Appelant son gouvernement à ne pas décevoir les attentes des électeurs, Tsipras a souligné que le peuple grec voulait des "changements radicaux". Qui sont les ministres sur lesquels le leader de Syriza pourra s'appuyer ? Portrait de trois piliers du gouvernement grec version antiaustérité.

A la Défense, Panos Kammenos 

 

C'est l'homme grâce à qui le parti Syriza a pu former une coalition majoritaire en Grèce. Panos Kammenos, 49 ans, est le nouveau ministre de la Défense. Un allié inattendu pour Alexis Tsipras, car très marqué à droite. Ancien membre du parti conservateur Nouvelle démocratie, ministre du Commerce et de la Marine de 2006 à 2008, le désormais leader des Grecs indépendants est un nationaliste revendiqué : en 2010, il n'hésitait pas à se promener dans les allées du Parlement en tee-shirt barré du slogan "La Grèce n'est pas à vendre". Ses outrances ne passent pas inaperçues, notamment lorsqu'il déclare, pendant la campagne électorale, que l'Europe est "gouvernée par des néonazis allemands".

Immigration, Turquie, mariage homosexuel, religion... entre Tsipras et Kammenos, les sujets de désaccords sont légion. Mais les deux hommes se retrouvent sur le sujet principal qui occupe les Grecs en ce moment : le rejet de la troïka (UE, BCE, FMI), qui impose des réformes drastiques depuis 2010, en échange de prêts. Syriza veut restaurer la "dignité" du peuple grec, les Grecs indépendants mettre fin à son "humiliation".

Aux Finances, Yannis Varoufakis

 

La nouvelle star du gouvernement grec n’a pas une tête de ministre des Finances. Plutôt celle d’un Bruce Willis 2.0, qui a lui-même annoncé sa nomination en la publiant sur son blog.  Ex-consultant du géant du jeu vidéo Valve, ce Gréco-Australien s’est fait un nom en clamant haut et fort ses convictions de gauche.

Professeur d'économie de 53 ans, chaud partisan de la réduction de la dette publique et de la "fin des mesures d'austérité", il ne s’est pas privé de critiquer l’Europe et les banques "vraies responsables d’une dette dont elles ont imposé le remboursement aux seuls citoyens européens". Son surnom "Mr Doom" (Monsieur Catastrophe), il le doit au fait d’avoir été l’un des premiers à avertir du risque de défaut de paiement  de la Grèce. Aujourd’hui, il est à pied d’œuvre. Lundi soir, après s’être entretenu avec le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, il a sobrement déclaré : "Les renégociations ont presque commencé, on n'a qu'à se retrousser les manches et commencer à travailler."

Au poste de vice-premier ministre, Ioannis Dragasakis 

 

A 68 ans, Ioannis Dragasakis s’apprête à devenir le vice-premier ministre d’Alexis Tsipras, un poste clé que le nouveau premier ministre grec a réservé à l’un de ses très proches. Pendant la campagne électorale, Dragasakis était le stratège de Syriza, dont il a rédigé le programme économique. Comme Tsipras, il a toujours été engagé à la gauche de la gauche de l’échiquier politique, en s’engageant d’abord dans les jeunesses Lambrakis, apparentées aux jeunesses communistes, puis dans les rangs du parti communiste, qu’il quitte au début des années 90. Aujourd’hui, il est considéré comme un modéré de l’équipe de Syriza. Pour lui, la Grèce ne pourra s’en sortir qu’avec une restructuration, de sa dette mais pas uniquement. Il a répété à plusieurs reprises que le pays devait également engager des réformes.