Qatar : travailler comme des esclaves

Pays : Qatar

Tags : Qatar, Ouvrier immigré

Dans ce pays qui va accueillir la Coupe du monde de football de 2022, les ouvriers immigrés sont traités comme des esclaves. Ils travaillent 7 jours sur 7, 12 heures par jour, sous un soleil de plomb sans avoir accès à l'eau. Et sans être forcément payés. Au moins 44 népalais sont morts sur les chantiers de construction. Pourtant, ces immigrés sont venus après avoir signé des contrats très alléchants : dès leur arrivée, leur passeport a été confisqué et leur salaire revu à la baisse. Léo Mattei a rencontré certains d'entre eux qui ont préféré témoigner à visage masqué, pour ne pas s'exposer aux représailles de leurs employeurs.

Qatar : travailler comme des esclaves
Le Qatar dans le viseur d’Amnesty International

La situation des ouvriers du bâtiment n’est pas la seule à poser problème au Qatar. Un rapport publié mercredi 23 avril par Amnesty International dénonce l’exploitation des travailleurs domestiques étrangers au Qatar. Dans ces pages intitulées « mon sommeil est ma pause », L’ONG souligne que plus de la moitié des femmes émigrées au Qatar exercent un travail domestique auprès de particuliers. Elles sont employées par des familles expatriées venues du Moyen-Orient, de l’Asie ou du Nord de l’Afrique. Au total, 52 femmes ont été interviewées entre octobre 2012 et novembre 2013. Parmi elles, certaines avouent travailler jusqu’à 100 heures par semaine sans bénéficier de jour de congé. En cas de plainte, ces domestiques peuvent être soumises à des restrictions de salaire ou privées de la liberté de circulation ou de communication. Parfois frappées de traitements inhumains ou déshumanisants, elles sont également victimes de violences physiques et sexuelles ou bien engagées dans des réseaux de trafic d’êtres humains. En février 2014, le journal The Gardian a déjà dénoncé plusieurs cas d’abus. Le gouvernement qatari nie l’information. Selon la loi en vigueur dans le pays, la violence domestique n’est pas considérée comme un crime. Les travailleurs domestiques ne peuvent donc être protégés par le droit du travail.  Une situation à laquelle Amnesty International demande aux Qataris de remédier rapidement, sans quoi l’image du pays organisateur de la coupe du monde de 2022 risquerait d’être sérieusement entachée.