Protection des données au sein de l’Union européenne

Pays : Allemagne

Tags : Europe, protection des données

Dans la procédure législative de l’Union européenne, les associations qui militent pour le respect de la protection des données jouent un rôle important, que l’enjeu soit le Règlement général sur la protection des données, l'ACTA ou encore le TTIP. Leur objectif est d’empêcher que les services secrets ou des entreprises commerciales ne fassent un mauvais usage des données. 

Conservation des données individuelles, protection des données à caractère personnel, fichier des passagers aériens, censure sur Internet ou encore réforme du droit d’auteur… depuis quelques années, ces question occupent beaucoup les esprits. Dans le film "La ruée vers les data – Rendez-vous avec Democracy", distribué actuellement dans les salles de cinéma outre-Rhin, le réalisateur David Bernet suit des responsables politiques qui sont partisans d’une législation européenne empêchant la commercialisation à tout-va des données à caractère personnel. Il accompagne également l’avocate polonaise Katarzyna Szymielewicz qui, avec son ONG Panoptykon, défend les libertés individuelles et les droits fondamentaux. 

 

Kasia alerte l’opinion sur les risques du Big Data, expliquant notamment que les acteurs économiques comparent souvent les données des consommateurs à des ressources naturelles aussi précieuses que l’or et le pétrole. Or, très peu de gens sont conscients de la valeur de leurs données personnelles. 

Kasia in Berlin

Menschenrechtsanwältin Katarzyna Szymielewicz, Bildrechte: INDI FILM

 

 

L’espionnage d’ordinateurs se déroule de façon subreptice, et il faut de solides connaissances en informatique pour s’apercevoir de l’intrusion ou  s'en protéger

Katarzyna Szymielewicz - 04/12/2015

Les fouilles des sacs à main ne font pas forcément plaisir. Mais il y a pire. L’espionnage d’ordinateurs se déroule de façon subreptice, et il faut de solides connaissances en informatique pour s’apercevoir de l’intrusion ou  s'en protéger. 


D’après cette juriste, la collecte de données qui intéresse tant les acteurs économiques est aussi inquiétante que le durcissement des méthodes des services de sécurité : "Malheureusement, les lois sont ainsi faites qu’on ne nous considère plus comme des citoyens qui n’ont rien à se reprocher. Au contraire, les services de renseignements et de police nous traitent comme des terroristes en puissance". Et de poursuivre : "Il n’existe actuellement aucun mécanisme indépendant nous permettant, à nous citoyens, de les contrôler. Impossible de leur dire : Stop ! Je ne vous crois pas. Je veux voir comment vous travaillez. Je veux voir comment vous définissez vos objectifs, quelles données sont collectées et comment vous les vérifiez. S’il leur [les autorités] suffit d’invoquer notre sécurité, alors les carottes sont cuites."

 

Pour éviter qu’on en arrive à de telles extrémités, Kasia sillonne infatigablement l’Europe. Soucieuse de la défense de nos droits numériques, elle discute avec des politiques et des lobbyistes : "Nous n’avons pas d’autre moyen pour nous faire entendre au niveau de l’Union européenne", souligne-t-elle. Si Bruxelles commet des erreurs, il est ensuite très difficile de revenir en arrière au niveau national.