|

Primaires aux Etats-Unis : que les équilibristes entrent en scène !

Pays : États-Unis

Tags : Primaires, Elections

Lundi 1er février se tiendra le premier vote des primaires dans la course à la Maison-Blanche. Le coup d’envoi a lieu, comme d’habitude dans le petit Etat rural de l’Iowa et les joutes se poursuivront jusqu’à mi-juin. Ce moment incontournable de l’élection présidentielle n’est pas une affaire de calcul, mais relève plutôt d’un numéro d’équilibriste : trouver le bon ton et être au sommet de la vague sont les deux clés pour remporter l’investiture. Et cela, quel que soit le camp, démocrate ou républicain. Focus sur le fonctionnement et les favoris des primaires américaines.

 

États-Unis : l’Iowa se prépare à voter
États-Unis : l’Iowa se prépare à voter États-Unis : l’Iowa se prépare à voter États-Unis : l’Iowa se prépare à voter

Primaires et caucus : kézako ?

Primaires et caucus sont les deux types de processus qui permettent de désigner, Etat par Etat, les candidats démocrates et républicains. Les deux permettent d’élire des délégués qui soutiendront un candidat. Voici les principales différences entre les deux systèmes :
-    Les caucus sont des assemblées d’électeurs, ouvertes uniquement aux électeurs inscrits comme démocrates ou républicains. Une journée de caucus, ce sont des centaines de réunions de quartier dans tout l’Etat. Le vote se fait à mains levées, après de longs débats. 
-    Plus formelles, les primaires. Isoloir, bulletin de vote et urnes : elles ressemblent davantage à des élections classiques. Elles sont soit "ouvertes" à tous les électeurs, soit "fermées", c’est-à-dire réservées aux électeurs inscrits comme démocrates ou républicains.

L’Iowa : un petit Etat, de grands enjeux

Remporter cet Etat n’offre aucune certitude pour décrocher l’investiture lors des conventions des deux grands partis en juillet. Mais une chose est sûre : une victoire dans l’Iowa est un bon présage pour la suite des événements. Pour Obama, sa victoire en 2008 dans l'Iowa a été l'épisode "le plus gratifiant" de la campagne l'ayant mené à la Maison-Blanche. Et pour cause : il n’était de loin pas le favori. Celle qui était promise à porter les couleurs démocrates par les sondages était Hillary Clinton. Elle terminera en troisième position, derrière Obama et l’ex-sénateur John Edwards. Une claque dont elle n’a pas réussi à se remettre. Pour Obama par contre, l’effet domino a bien eu lieu : après l’Iowa, les victoires se sont enchainées. Gagner cet Etat, c’est gagner en influence médiatique, un atout non négligeable pour les candidats moins visibles dans les médias.

 

Qui sont les favoris démocrates ?

Il reste trois candidats en course, mais seuls deux ont réellement une chance de l’emporter : Hillary Clinton et Bernie Sanders. L’ex-Première Dame arrive largement en tête des sondages et, si le scénario de 2008 ne se reproduit pas, elle devrait profiter du boulevard laissé par le désistement du vice-président américain Joe Biden. Mais le scandale de sa messagerie privée alors qu'elle occupait le poste de secrétaire d'Etat a écorché son image. Et pour Mark Penn, un ancien conseiller de Bill Clinton, la défaite d’Hillary en 2008 tenait en une chose : "Hillary est froide, distante, elle manque d'authenticité".

Toutes les étapes de l'élection présidentielle

Son avance dans les sondages va-t-elle être suffisante face au tempérament bouillant de son seul réel adversaire, Bernie Sanders ? Ce dernier n’hésite pas à prendre des positions tranchées : opposé à la guerre en Irak, il veut démanteler les grandes banques de Wall Street et s’inspirer du modèle scandinave pour sa politique sociale. 

 

>> A lire aussi : nos portraits des candidats républicains

 

Le site realclearpolitics.com agglomère les sondages américains pour en tirer une moyenne (réactualisée quotidiennement). Voici les tendances des primaires démocrates au 30 janvier :

 

Sondages démocrates

 

Démocrates et républicains : les favoris

Qui sont les favoris républicains ?

Chez les républicains, la concurrence est plus rude : il reste douze candidats (dont voici les portraits).  C’est le milliardaire Donald Trump qui caracole en tête des intentions de vote. Ses sorties misogynes et xénophobes n’ont pas inversé la courbe des sondages. Un engouement qui ne donne pour autant pas à Donald Trump le soutien du parti républicain. Il s’est même permis de "sécher" le dernier débat républicain du 28 janvier avant le vote de l’Iowa et a préféré animer une soirée de collecte de fonds au profit de vétérans. Ted Cruz talonne le milliardaire. Ce sénateur n’a pas la langue dans sa poche et ses positions ultra-conservatrices lui attirent aussi parfois les foudres du Parti républicain. Derrière ce duo aux idées chocs et ultra, Marco Rubio est l'un des seuls à pouvoir encore espérer inverser la courbe : plus modéré, il plaide pour des réformes sociales et a réussi à acquérir l’appui de "l’etablishment", séduit par son programme.

Voici les tendances des primaires démocrates au 30 janvier, d’après le site realclearpolitics.com :  

 

Sondage républicains

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016