Pérou : victoire du candidat Kuczynski

Pays : Pérou

Tags : pedro pablo kucynski, Keiko Fujimori, élection présidentielle, Alfredo Fujimori

Le suspense est presque terminé au Pérou, depuis l’annonce du résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle. C’est Pedro Pablo Kuczynski, le candidat de centre-droit, qui l’emporterait d’une courte majorité face à sa rivale Keiko Fujimori. Il prendra ses fonctions le 28 juillet prochain, à moins qu’un recours ne soit déposé.

 

La partie était serrée pour Pedro Pablo Kuczynski. Ce ne sont finalement que 41 000 petites voix qui ont départagé les deux finalistes. Il l’emporterait avec 50.12% des scrutins face Keiko Fujimori. Pour le tribunal électoral péruvien, les jeux sont faits. Même si 0.2% des bulletins pourraient faire l’objet d'un recours, la tendance ne devrait plus s’inverser. C’est donc le début de la fin d’un long suspense, démarré il y a deux mois et demi, le 5 avril, avec le premier tour de l’élection présidentielle.

 

 

Pedro Pablo Kuczynski s’est montré rassembleur au soir de l’annonce du résultat : "A mes opposants, je dis que j’ai la meilleure volonté pour dialoguer […]. Ce n’est pas un Pérou divisé entre le sud et le nord ou entre la montagne et la côte, nous sommes un seul pays.»

 

J'ai la meilleur volonté pour dialoguer (...) Nous sommes un seul pays.

Pedro Pablo Kuczynski - 09/06/2016

Le cousin de Godard et le président des riches

 

Il faut dire que celui qu’on surnomme "PPK" n’a pas vraiment le profil pour rassembler tout le peuple péruvien derrière lui. C’est un ancien banquier de Wall Street, ancien ministre de l’économie et des finances et ancien premier ministre. Il est d’origine allemande et suisse (pour l’anecdote, il est aussi le cousin germain du réalisateur Jean-Luc Godard), a fait ses études aux Etats-Unis et en Angleterre. Il était perçu comme le candidat de l’élite blanche et favorisée. D’autant que son image austère et peu charismatique n’avait rien pour redorer son blason.

 

Et pourtant, il arrive bien en tête de ce scrutin. C’est finalement le rejet massif qu’inspirait sa rivale qui lui a sauvé la mise. Keiko Fujimori, 40 ans, est la fille de l’ancien président du pays aujourd’hui en prison. Alberto Fujimori a été condamné à 25 ans de rétention pour corruption et violations des droits de l’Homme. Keiko Fujimori avait démarré sa carrière politique dans l’ombre de son père et elle n’a pas réussi à se défaire de ce passé encombrant.

 

Un pays divisé

 

Kuczynski doit en grande partie sa victoire à l’une de ses adversaire du premier tour, la candidate de centre gauche Veronika Mendoza. Après sa défaite, elle a appelé ses partisans à voter contre Keiko Fujimori, pour "barrer la route" à la fille de l’ancien autocrate. Il faut croire que ses 19% ont pesé dans la balance.

 

Malgré ce retournement de situation, le pays sort divisé de cette élection et le président affaibli par sa courte victoire. Il devra composer avec un nouveau Parlement, qui lui est largement dominé par les partisans de sa rivale. 73 des 130 sièges sont acquis à Keiko Fujimori, ce qui ne devrait pas lui faciliter les choses.