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Pays-Bas - Crise ukrainienne au musée

Pays : Pays-Bas

Tags : Crimée, Ukraine, Œuvres d'art

À Amsterdam, le musée Allard Pierson se retrouve au cœur d'une bataille juridique innatendue. Après avoir emprunté des œuvres d'art en provenance de Crimée, l'établissement attend de savoir s'il doit les rendre à l'Ukraine ou à la Russie.

Pris entre deux feux. Il n'y a pas meilleure expression pour décrire la situation dans laquelle se trouve le musée Allard Pierson, à Amsterdam. Comme le rapporte Courrier International, un tribunal de la capitale néerlandaise a dû se pencher le mercredi 8 avril 2015 sur un dilemme : l'établissement doit-il rendre à la Russie ou à l'Ukraine des œuvres d'art en provenance de Crimée ?

De février à août 2014, dans le cadre de l'exposition « La Crimée : l'or et les secrets de la mer Noire », le musée amstellodamien avait emprunté plus de mille objets d'art et vestiges archéologiques à des musées criméens. Des pièces en or et en céramique, des boîtes laquées, des bijoux et des pierres précieuses appartenant aux Scythes, un peuple nomade ayant vécu entre le VIIe et le IIIe siècle avant J.-C.

Compte tenu de l'annexion de la Crimée par la Russie, en février 2014, le musée n'a pas voulu restituer les pièces, préférant les garder en attendant que la justice tranche. Cette dernière devrait prendre sa décision à l'issue de l'été 2015, et préciser qui est le propriétaire légal des objets. Dans le même temps, quatre musées de Crimée ont intenté un procès au musée Allard Pierson, note le journal De Volkskrant. Ceux-ci considèrent en effet que les œuvres d'art appartiennent à l'État ukrainien et qu'elles doivent donc être renvoyées à Kiev.

Héritage archéologique

Le journal progouvernemental russe Rossiskaïa Gazeta plaident pour que les objets soient retournés aux musées de Crimée qui, depuis l'annexion, est considérée par Moscou comme faisant partie de la Russie. Il revendique une atteinte à la culture locale : « Ce qui fait actuellement l’objet de ce conflit juridique, c'est un héritage archéologique de la Crimée, à savoir une partie de son identité culturelle. »

Le quotidien ajoute : « Peu importe à quel État a prbien pu être rattachée la Crimée selon les différentes époques, la conservation et l’étude de ces vestiges archéologiques ont toujours été exclusivement assurées par les musées de Crimée. Il s’agit de centres scientifiques uniques, où travaillent les meilleurs spécialistes de l’histoire ancienne de la presqu’île. Non seulement la perte de ces œuvres d’art d’une valeur inestimable appauvrira la collection, mais elle rendra impossible la poursuite des recherches pour les historiens et les archéologues. »

Franck Berteau

 

Dernière màj le 8 décembre 2016