Pari réussi pour "Bibi"

Pays : Israël

Tags : Netanyahu, Likoud, coalition, Kahlon

Les résultats définitifs le confirment : le Likoud de Netanyahou arrive nettement en tête des élections législatives, avec un quart des sièges au Parlement israélien. Le président Reuven Rivlin devrait donc désigner "Bibi" pour mener les négociations en vue de former une coalition. Du côté de l'Union sioniste, que tous les sondages donnaient gagnants, l'heure est à la déception.

A peine les premiers résultats tombés, les tractations commencent en Israël. Benjamin Netanyahou a promis de former une coalition d’ici deux à trois semaines, il n’y a donc pas de temps à perdre. C'est un exercice qu'il connaît bien puisqu'il a déjà été premier ministre quatre fois. Et même si les résultats donnés par la commission électorale ne sont pas encore définitifs, l’avance du Likoud est telle qu’il ne fait aucun doute que c’est bien "Bibi" qui mènera les négociations. Reste à savoir avec qui il va pouvoir s’entendre. Ses liens avec l’extrême-droite sont au beau fixe, mais une coalition droite/extrême-droite risquerait d’inquiéter encore plus la communauté internationale, déjà passablement agacée par le comportement du premier ministre israélien.

Un homme pourrait jouer les faiseurs de rois : Moshe Kahlon, un dissident du Likoud qui, avec son parti Koulanou, vient de remporter dix sièges à la Knesset. Il s’est fait l’apôtre du combat contre la vie chère, ce qui lui a valu ce score tout à fait honorable. Il ferait un allié précieux pour Netanyahou qui, lui, a mené campagne tambour battant sur le thème de la sécurité, alors que les Israéliens sont tout aussi préoccupés par le coût de la vie et les inégalités sociales. En fin de campagne, le premier ministre lui avait d'ores et déjà promis publiquement le poste de ministre des Finances en cas de victoire. Moshe Kahlon s’est dit prêt à entrer dans un gouvernement dirigé par Netanyahou.

Enfin, Netanyahou pourrait aussi négocier avec ses rivaux de l’Union sioniste, qui sont arrivés en seconde position et que les sondages donnaient gagnants. Toutefois, cela augurerait une coalition instable, comme la précédente que "Bibi" a fait tomber en convoquant ces élections générales anticipées.

Qu'en disent les Palestiniens ?

Côté palestinien, cette victoire du Likoud n’augure rien de bon pour le processus de paix, au point mort depuis avril 2014. D'autant qu'acculé par les sondages, Netanyahu a durci son discours en toute fin de campagne, affirmant qu'il rejetait finalement la solution à deux Etats. Pour l’Organisation de libération de la Palestine, Israël "a choisi la voie du racisme, de l’occupation et de la colonisation", pas de la négociation. Les Palestiniens ont prévenu qu’ils allaient intensifier leur offensive diplomatique contre Israël. Après avoir obtenu le statut d'Etat observateur à l'Onu, ils pourraient s'en remettre à la cour pénale internationale devant laquelle ils aimeraient traîner le premier ministre israélien pour crimes de guerre.

Qu'en dit la communauté internationale ?

Côté européen, la diplomatie marche sur des oeufs. La haute-commissaire aux affaires européennes, Federica Mogherini, a félicité Netanyahou pour sa victoire tout en rappellant la nécessité de relancer le processus de paix : "Plus que jamais, un leadership audacieux est requis de la part de tous, pour trouver une solution globale, stable et viable à ce conflit qui a privé trop de génération de paix et de sécurité".

Aux Etats-Unis, les élus républicains ont été les premiers à réagir. Jeb Bush, probable futur candidat à la Maison-Blanche, a réagi sur Twitter : "Félicitations au premier ministre Netanyahou pour sa réélection. Il est un vrai leader qui continuera à assurer la sécurité et la force d'Israël."

Traditionnellement, les Républicains sont sur la même ligne dure que Netanyahou, notamment sur l'attitude à adopter face à l'Iran, mais c'est aussi une façon pour eux de s'en prendre au président américain Obama, dont les relations avec le premier ministre israélien sont particulièrement tendues. 

Le département d'Etat américain a ainsi tenu à affirmer que la victoire de Netanyahou n'aura pas d'impact sur les négociations en cours concernant le programme nucléaire iranien. Par ailleurs, la Maison-Blanche a réaffirmé mercredi son soutien à une solution à deux Etats israélien et palestinien. Netanyahou avait une nouvelle fois enterré cette idée il y a quelques jours.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016