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Obama et les Républicains obligés de coopérer

Pays : États-Unis

Tags : Midterms, Démocrates, Obama

Barack Obama veut coopérer avec le nouveau Congrès, mais il signale aussi des "lignes rouges" à ne pas franchir. Il ne signera pas l’annulation de la réforme de santé par exemple. Peu avant, le chef de file de la majorité républicaine au sénat, Mitch McConnell, a menacé d’annuler des parties de la réforme. Des querelles s’annoncent également au niveau de la thématique de l’immigration : Obama a  annoncé qu’il affrontera la problématique avec un arrêt présidentiel, ignorant le Congrès, sauf si une entente a lieu d’ici la fin de l’année. 

McConnell a prévenu Obama que ce serait une "faute grave" s’il engageait des démarches unilatérales. Le fait qu’Obama dise : "si vous ne faites pas ce que je veux, je le fais moi-même" reviendrait à "agiter une cape rouge devant un taureau". La réforme sur l’immigration fait partie des grandes réformes qu’Obama aurait aimé mettre en place pendant son mandat, mais c’est à présent loin d’être gagné. Grâce à un arrêt présidentiel, Obama veut procurer un statut légal à des millions d’immigrants illégaux, tout en renforçant la sécurité des frontières. 

 

Ebola et Etat Islamique : une coopération est possible

Malgré ces controverses, il semble avoir  des possibilités de coopération. "J’ai très envie de coopérer avec le Congrès, afin de rendre les deux prochaines années aussi productives que possible", a expliqué Obama. Il dit avoir compris le message des électeurs. Obama envisage une coopération au niveau de l’amélioration des infrastructures des Etats-Unis, de la négociation d’accords de libre-échanges, comme par exemple TTIP avec l’UE, et dans la lutte contre Ebola. De plus, Obama aimerait s’accorder avec le Congrès dans le combat contre l’Etat Islamique. Mais il a clairement affirmé que, dans des cas exceptionnels, il n’hésiterait pas à gouverner grâce à son pouvoir de décret, en excluant le Congrès. 

 

Les Républicains ont clairement gagné les élections du Congrès : au moins 52 des 100 sièges au Sénat leur appartiennent. De plus, ils ont réussi à renforcer leur majorité dans la chambre des députés. Désormais ils y détiennent 245 des 435 sièges, une telle majorité a été observée pour la dernière fois il y a 60 ans. Dans de nombreux États très disputés, le résultat est plus clair que prévu, le succès des Républicains ayant été approuvé dès la fermeture des bureaux de vote. Après huit ans d’attente, les Républicains ont à nouveau le contrôle sur les deux chambres du Congrès. Il est vrai, que c’est une tradition aux Etats-Unis de punir le Président lors des midterms, mais rares sont ceux qui s’attendaient à une telle claque. Ceci est aussi lié aux mauvaises côtes de popularité du président : à peine 42% des Américains sont, d’après un sondage Gallup, satisfait de son travail. Ce n’est donc pas une surprise que beaucoup de candidats démocrates au Sénat se sont passé d’un soutien ouvert de Barack Obama.  

 

Obama et les Républicains se rencontrent le 07 novembre 

Les démocrates ont perdu leurs sièges sénatoriaux, entre autres, dans l’Arkansas, au Colorado, dans le Montana, en West Virginia, dans le South Dakota, en North Carolina et en Iowa. La nuit des résultats, Obama a invité les leaders des deux partis et des deux chambres pour une réunion le 07 novembre. Il tentera de sonder les possibilités de compromis. Le sénateur Mitch McConnell, originaire du Kentucky, y participera pour représenter les Républicains. Agé de 72 ans, il a d’ores et déjà signalé une étincelle d’attitude de conciliation : "Notre système ne nous oblige pas à vivre dans un conflit permanent" a-t-il annoncé directement après les élections. 

 

Le degré de conciliation des Républicains devra être prouvé au courant des prochaines semaines. Les deux chambres parlementaires sont désormais plus conservatives qu’avant – et les gagnants devraient se sentir obligés de mettre en œuvre leurs promesses anti-Obama. A l’avenir, il sera plus facile pour les Républicains de faire passer des projets de loi au Congrès. Or, il faut 60 voix sur 100 pour pouvoir promulguer des lois, les Républicains seront donc obligés de convaincre quelques Démocrates. En plus, Obama a un droit de veto. La politique de blocage à Washington est donc préprogrammée. 

Dernière màj le 8 décembre 2016