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"Nous n'avons pas attendu cette trêve pour commencer à travailler"

Pays : Israël

Tags : Gaza

Jeudi 17 juillet, entre 10h et 15h, une trêve humanitaire a été décrétée dans la bande de Gaza. Le gouvernement israélien s'est plié à la demande de l'ONU afin de donner aux populations locales la possibilité de se ravitailler en nourriture, eau, médicaments... Nadia Dibsy, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, nous explique ce qui a pu être fait pendant ces cinq heures.

ARTE Info : Comment s'est déroulée cette trêve de quelques heures ?

Nadia Dibsy : Nous avons été informés que ce matin entre 10 heures et 15 heures il allait y avoir un cessez-le-feu pour faciliter l'action humanitaire. Donc aujourd'hui, on a pleinement profité de ces 5 heures pour faire une évaluation de dégâts et des réparations essentielles sur des infrastructures d'eau, notamment dans le Nord-Est de la Bande de Gaza. Cette zone a été touchée par les hostilités survenues ces derniers jours. On a pu réparer une ligne d'eau qui dessert plus de 150.000 personnes. Ce problème de manque d'eau préoccupe beaucoup le CICR car il y a des centaines de milliers de personnes qui sont privées d'eau.

 

Qu'en est-il des habitants, qu'ont-ils fait pendant cette trêve ?

Nadia Dibsy : On a sait que la population gazaouie a pu profiter de ces quelques heures pour faire des achats et sortir de chez elle. Les gens ont pu respirer un peu plus aujourd’hui. Mais il faut dire que pour les organisations humanitaires telles que le Comité International de la Croix Rouge, le travail humanitaire ne peut pas être limité à quelques heures par jour. Nous, on travaille depuis le début de ces hostilités presque sans cesse, tout comme le Croissant Rouge palestinien avec son service d'ambulances. Donc pour nous l'essentiel c'est que le travail humanitaire puisse se faire tout le temps et quand il faut parce qu'il y a des blessés tous les jours, des besoins humanitaires constants. Cette opportunité aujourd'hui nous a donné la possibilité d'intervenir au niveau des infrastructures d'eau mais il est essentiel de rappeler aux parties en jeu [Israéliens et Palestiniens ndlr] que les services humanitaires puissent se dérouler à toute heure et tous les jours.

 

Savez-vous qui a coordonné ce cessez-le-feu ?

Nadia Dibsy : Nous avons été informés par les autorités israéliennes que ce cessez-le-feu allait avoir lieu. Nous ne sommes pas à l'origine de cette initiative mais de toute façon le plus important c'est que cette trêve ait pu se faire.

 

L'essentiel pour les jours qui suivent, c'est que le travail humanitaire puisse se poursuivre.

Nadia Dibsy - 17/07/2014

Ce cessez-le-feu a-t-il permis de faire entrer des médicaments ou des biens de consommation dans la Bande Gaza ?

Nadia Dibsy : De notre côté, en ce qui concerne les médicaments on est peu en stand-by par rapport à ce qui est entré aujourd'hui. Pour l'instant, on attend. La semaine dernière nous sommes parvenus à faire transporter 500 unités de sang vers les hôpitaux et le ministère de la Santé de Gaza. C'est une priorité que le secteur de la santé puisse fonctionner correctement car il y a énormément de besoins et nous nous y attelons tous les jours. Nous sommes en contact quotidien avec les autorités [de Gaza ndlr] pour comprendre les besoins, voir comment nous pouvons faciliter les interventions ou faire des dons comme ça a été le cas la semaine dernière. Nous avons par exemple donné du matériel médical pour soigner des blessés de guerre.

 

Est-ce-que vous avez pu recevoir un renfort de personnel médical et humanitaire pendant ces 5 heures ?

Nadia Dibsy :
Nous avons eu un mouvement de personnel, certains sont entrés et d'autres sont sortis mais ce n'était pas lié à la trêve. Il y a un point de passage entre Israël et Gaza qui ouvre régulièrement et nous sommes en contact avec les autorités israéliennes pour coordonner les mouvements de nos équipes et ceux des ambulances du Croissant Rouge. Donc nous avons en permanence la possibilité de nous déplacer par ce point de passage. Ce n'était pas uniquement possible aujourd'hui. 
Le plus important avec ces cinq heures, c'est que les équipes ont pu se déplacer, travailler, faire des réparations essentielles sur les infrastructures d'eau, faire des visites dans les hôpitaux en toute sécurité. Nous n'avons bien sûr pas attendu cette trêve pour commencer à travailler, on est sur le terrain depuis le début mais il y a des restrictions liées à la sécurité et il n'est pas toujours évident de se déplacer. On ne va pas mettre nos équipes en danger. Aujourd'hui, ça nous a permis de travailler et de souffler un peu en sachant que les parties [en conflit ndlr] sont d'accord pendant cinq heures. L'essentiel pour les jours qui suivent, c'est que le travail humanitaire puisse se poursuivre

Dernière màj le 8 décembre 2016