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Nicolas Sarkozy dénonce une justice politisée

Pays : France

Tags : Sarkozy, Justice

"Est-il normal que je sois placé en garde à vue pendant 15 heures ?", s’est interrogé Nicolas Sarkozy lors de son allocution sur TF1, hier soir. L'ancien président a profité de son passage télévisé pour clamer son innocence suite à sa mise en examen, mardi dans la nuit, pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. Nicolas Sarkozy a en effet été présenté aux juges d'instruction dans le cadre de son pourvoi en cassation, relatif à l'affaire Bettencourt. Il est accusé d'avoir tenté d'obtenir des informations sur l'enquête, via Gilbert Azibert, juge à la Cour de cassation, en échange d'un poste de prestige à Monaco promis au magistrat.

Cette mise en examen est intervenue après la longue audition de l’ancien président par les enquêteurs financiers, dans la soirée de lundi. Une mesure inédite pour un chef de l'Etat français. "Ne pouvait-on pas (simplement) me convoquer pour que je réponde aux questions des juges ?", a-t-il déclaré lors de son allocution. L’ancien locataire de l’Elysée a ainsi évoqué une "volonté de (l’) humilier" en rappelant que Jérôme Cahuzac, ancien ministre socialiste du Budget, plusieurs fois mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, n’a jamais été placé en garde à vue.

Nicolas Sarkozy n’avait pas pris publiquement la parole depuis son départ de l’Elysée. Pour clamer son innocence, il s’était déjà accordé une longue tribune dans le Figaro, le 20 mars dernier, dans laquelle il ripostait avec virulence sur plusieurs sujets qui lui ont valu d’être dans le collimateur de la justice. "Jamais je n’ai commis un acte contraire aux principes républicains ou à l’Etat de droit", a de nouveau souligné l’ancien président, hier soir.

Même syndiqué, un juge n'en est pas moins impartial

Syndicat de la magistrature

Il a également souhaité faire passer un message politique à son propre camp : lorsqu'on l'a interrogé sur une possible candidature à la présidence de l’UMP, il a indiqué vouloir attendre la fin de l’été pour prendre sa décision. Les réactions sont néanmoins tombées dès la fin de son entretien télévisé. Daniel Fasquelle, député UMP, a jugé l’ancien président de la République "très combatif et convaincant", avant de déclarer que "Sarkozy est victime d’une injustice". Le syndicat de la magistrature a également répondu à Nicolas Sarkozy : le groupement a accusé l’ancien chef de l’Etat de vouloir "jeter le discrédit sur ceux dont la profession est de rechercher la manifestation de la vérité", avant d’assurer qu’un juge "même syndiqué, n’en est pas moins impartial".

Les sanctions encourues par Nicolas Sarkozy

Dans le cas où il serait reconnu coupable du chef de trafic d'influence, l'ancien chef de l'Etat risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 500.000 euros d'amende ; concernant le chef de corruption active, il encourt une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison et 1.000.000 euros d’amende, ce délit étant le stade supérieur du trafic d'influence. De plus, une peine complémentaire, prévoyant la déchéance de ses droits civils et civiques, pourrait être prononcée : celle-ci interdirait à l'ancien président de la République d'exercer une fonction publique, et mettrait en échec sa présentation à un second mandat au plus haut niveau de l'Etat.

Dernière màj le 8 décembre 2016