Municipales : vague brune, claque rose

Pays : France

Tags : Municipales, Premier tour

Le parti socialiste s'est réveillé ce matin avec la gueule de bois. La claque infligée par les électeurs le 23 mars a été plus forte que prévue. D'abord parce que ses ténors ont enregistré des résultats décevants, ensuite parce que l'abstention a atteint un niveau record, et surtout parce que le Front national semble s'installer durablement sur une bonne partie du territoire.


Abstention

Les Français étaient appelés aux urnes pour le premier tour des élections municipales hier, dimanche 23 mars. Premier enseignement : ils sont nombreux à avoir décliné l'invitation. Une fois de plus, l'abstention a atteint un niveau record pour ce type d'élection : 38,72%. Selon des enquêtes d'opinion, les abstentionnistes ne vont pas voter principalement pour deux raisons : parce que "ces élections ne changent rien à leur vie quotidienne" et "pour manifester leur mécontentement à l'égard des hommes politiques en général". Autant dire que le message est clair, tant pour les dirigeants nationaux que pour les équipes en place qui n'ont pas sû convaincre de la nécessité de prendre part au jeu politique. Notons que les villes qui ont le plus participé sont situées majoritairement dans le Sud-Est, là où le Front national a réalisé quelques uns de ses meilleurs scores...

 

Poussée du FN

Le Front national est le grand vainqueur de ce scrutin. Fait inédit : il remporte même une mairie dès le Premier tour, la très médiatique mairie de Hénin-Beaumont. Mais ce n'est pas tout. Il arrive en tête dans de nombreuses villes, dont Avignon (29,4%), Perpignan (34,20%) ou Forbach (35,75%). Des résultats bien au delà des prévisions. Marine Le Pen, tout sourire, a lancé à ses adversaires hier "Vous êtes en panique".

 

Recul de la gauche

Le PS savait que ce scrutin serait difficile, mais quand même pas à ce point. A titre d'exemple, à Marseille, son candidat Patrick Menucci, n'arrive qu'en troisième position, derrière l'UMP et le Front National. A Lille, Martine Aubry recule de 11 points, là ou le FN progresse d'autant et à Lyon Gérard Collomb devra passe par un second tour. Bref, les ténors de la gauche ne séduisent plus ou plus aussi facilement. Sans compter les mairies déjà perdues et les terres de prédilection qui semblent avoir le coeur ailleurs. Le PS est dans une situation inconfortable que le président Hollande s'est bien gardé de commenter.


Sursaut de la droite

L'UMP sort revigorée de ce premier tour. Compte-tenu des scores inhabituels du Front national et du calendrier cauchemardesque des affaires, qui ont ponctué la campagne des municipales, le principal parti d'opposition s'en sort la tête haute. C'est grâce à de belles victoires, comme celle de Jean-François Copé, réélu à Meaux, ou d'Alain Juppé, à Bordeaux. Le principal défi de l'UMP pour le second tour sera de s'imposer face au Front national, probablement présent dans bon nombre de triangulaires. Le président de l'UMP, Jean-François Copé a déjà prévenu qu'il n'y aurait pas de front républicain, donc pas de désistement en faveur d'un candidat socialiste en cas de possible victoire du FN.

 

Fanny Lépine