Municipales : état des lieux avant remaniement

Pays : France

Tags : France, Municipales

La déroute du PS est confirmée au second tour des municipales . De nombreuses villes sont tombées aux mains de l'UMP. Le FN , a remporté des victoires importantes. Un remaniement est imminent.

Une vague UMP
 

La droite remporte une grande victoire. Selon des chiffres encore provisoires du ministère de l'Intérieur, 155 villes de plus de 9000 habitants basculent dans son escarcelle, dont des bastions historiques de la gauche comme Roubaix, Belfort et Limoges - à gauche depuis 1912 -, ou encore Brive-la-Gaillarde, plus grande ville de Corrèze, le fief de François Hollande. A noter aussi d’importantes victoires à Toulouse, Marseille, Saint-Etienne, Reims, Angers, Quimper, Valenciennes... Une liste interminable qui fait dire à Jean-François Copé le président de l’UMP que son parti est devenu "le premier de France". 
 

Claque pour la gauche
 

Comme un négatif photo, la victoire écrasante de la droite fait cruellement apparaître la sévère déroute de la gauche. Pour les municipalités, pour le gouvernement et pour le président François Hollande. Aucune ville importante ne bascule à gauche. Mais on sauve les meubles à Paris où Anne Hidalgo devance assez nettement sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi qu'à Lille, Lyon, Metz, Dijon et Strasbourg où Roland Ries conserve son siège de maire. Et puis on note un petit miracle à Lourdes où la mairie passe à gauche (PRG) à l'issue d'une triangulaire. Ce qui n'a pas empêché la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, d'estimer que les résultats étaient "indéniablement mauvais pour la gauche" et que l'exécutif devait "renouer le dialogue" avec les Français.

 

Enfin, de manière presque anecdotique, les Verts remportent une et une seule grande ville : Grenoble.

 

"Nouvelle étape" pour le Front national
 

Même si le FN n'a finalement pas fait carton plein, il remporte une douzaine de villes importantes surtout dans le sud, dont Béziers où il soutient Robert Ménard, Fréjus, Beaucaire, Cogolin et le 7ème secteur de Marseille. Il remporte aussi Hayange, sans oublier Hénin-Beaumont, gagnée dès le premier tour. Pour Marine Le Pen, le parti a dépassé ses objectifs. "Nous nous étions fixé 500 listes, nous en avons eu 600, plus de mille conseillers et nous en aurons probablement 1.400", a-t-elle affirmé ce matin. Tout de même deux ombres au tableau pour le FN : Avignon qui, peut-être après l'avertissement lancé par le directeur du festival de théâtre (voir notre dossier), bascule finalement à gauche et aussi Forbach où se présentait le numéro deux du FN, Florian Philippot. 

Abstention record
 

La mobilisation des électeurs était l'un des grands enjeux de ce second tour, après le taux d'abstention déjà record enregistré la semaine dernière, nettement plus élevé parmi les sympathisants de gauche que ceux de droite. Mais le taux d'abstention au second tour, 37,3%, n'a guère laissé d'espoir pour les socialistes. C'est un record jamais atteint pour ce type d'élection. 
 

Remaniement en vue
 

Le scénario d'un remaniement rapide du gouvernement français, qui comptait sur une vaste mobilisation des électeurs de gauche pour limiter la casse, pourrait avoir lieu dès aujourd'hui. La reconduction ou non du Premier ministre Jean-Marc Ayrault est la question centrale. L'ampleur de la défaite et la percée de l'extrême-droite sont révélatrices d'une désespérance sociale. Certains socialistes demandent au président de virer le cap à gauche, à l'instar de Jean-Christophe Cambadélis, le député PS de Paris : "La politique que nous menons depuis deux ans vise à redresser les comptes, faire en sorte que les entreprises soient plus compétitives: où sont les marqueurs de la gauche d'en bas, celle qui gagne 1.000 à 1.500 euros?" 

Depuis une semaine, Jean-Marc Ayrault est désigné comme le bouc émissaire de l'échec des municipales et un remaniement est attendu très rapidement. Le président François Hollande doit s'adresser ce lundi à 20 heures aux Français lors d'une allocution télévisée. Citant des ''sources dans la majorité'', l'Agence France Presse écrit que François  Hollande s'apprête à nommer l'actuel ministre de l'Intérieur Manuel Valls à Matignon. lemonde.fr est encore plus affirmatif et dit pour sa part que selon Matignon MAnuel Valls sera nommé Premier ministre.