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Moldavie - L’Est ou l’Ouest ?

Pays : Moldavie

Tags : Election, Corruption, Russie

Coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, ce minuscule pays hésite, alors qu’il s’apprête à se doter d’un nouveau gouvernement, entre deux influences, celle de l’Union européenne et celle de la Russie. 

Deux mois et toujours pas de gouvernement. En Moldavie, où les dernières élections législatives ont eu lieu le 30 novembre 2014, l’arrivée d’une nouvelle équipe au pouvoir se fait attendre. Dans ce petit pays d’Europe orientale, enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine, les coalitions sont indécises, hésitant entre le giron de l’Union européenne et celui du voisin russe. Mais le temps de l’expectative devrait prendre fin. Le 28 janvier, le président Nicolae Timofti a confié à l’actuel Premier ministre de centre droit, Iurie Leanca, membre du Parti libéral-démocrate de Moldavie (PLDM), pro-européen, la mission de former un nouveau gouvernement.

Logiquement, la charge devrait être aisée. Allié au Parti libéral (PL) et au Parti démocrate de Moldavie (PDM), le PLDM s’affiche finalement comme gagnant du dernier scrutin. À eux trois, ces fidèles de l’Union européenne comptent 54 députés sur les 101 qui composent l’assemblée moldave. Ce qui ne laisse aucune chance au Parti socialiste, partisan de la Russie de Vladimir Poutine, pourtant arrivé en tête à la sortie des urnes, avec 21,6 % des suffrages.

Les trois partis se sont engagés à continuer à avancer sur la voie de l’intégration européenne

Graham Watson, eurodéputé britannique (20/01/15)

 

Corruption

Mais se revendiquer pro-européens ne suffit pas à s’entendre. Les négociations entre les trois partis majoritaires au parlement ont buté sur la justice, et en particulier sur la réforme demandée en la matière par la Commission européenne aux autorités moldaves. Afin d’éradiquer la corruption qui gangrène ce pays de quatre millions d’habitants, Bruxelles souhaite, entre autres, nommer à Chisinau, la capitale, un procureur européen chargé de faire le ménage. Et si le PL parvient à se faire à cette idée, le PDM et le PLDM, eux, semblent moins enclins à accepter cette ingérence.

Ce projet sème la discorde jusque dans les rangs du PLDM. Le Premier ministre Iurie Leanca y est favorable, contre l’avis du président du parti, Vlad Filat. Ce dernier est soupçonné d’avoir joué un rôle ambigu dans la privatisation suspecte de la Banque d’économies d’épargne de Moldavie, en 2013. De son côté, Graham Watson, un eurodéputé britannique en visite dans le pays, a tenu à rassurer : « Les trois partis se sont engagés à continuer à avancer sur la voie de l’intégration européenne. » Reste à savoir s’ils pourront mettre leurs désaccords de côté pour tenir leurs engagements.

 

Franck Berteau

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016