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Merkel reste au pouvoir, à quel prix ?

Pays : Allemagne

Tags : SPD, CDU, Merkel, coalition

Après quatre mois d’impasse, Angela Merkel a quasiment décroché au forceps son quatrième mandat. L’accord de gouvernement a été conclu entre son parti conservateur, la CDU/CSU et les sociaux-démocrates de Martin Schulz. Reste encore une dernière étape -un dernier obstacle- pour la chancelière : il doit être soumis au vote des 460 000 militants du SPD dans les semaines qui viennent. ARTE Info revient sur les principaux points de cet accord.

Merkel vers un quatrième mandat
Merkel vers un quatrième mandat ARTE Info revient sur les principaux points de l'accord conclu entre la CDU et le SPD. Merkel vers un quatrième mandat

 

Une immigration limitée

Les législatives de septembre ont été marquées par le score fracassant du parti d’extrême-droite, l’AfD, 13%. Ce dernier a focalisé sa campagne électorale sur la problématique de l'intégration du million de demandeurs d'asile arrivés depuis 2015. Les conservateurs voulaient donc rester inflexibles sur la question de l’immigration pour contenir l’extrême droite : ils ont imposé au SPD l’essentiel de leurs positions. Résultat : le contrat de coalition prévoit de limiter le nombre de demandeurs d’asile entre 180 000 et 220 000 par an. Il restreint aussi le regroupement familial pour les réfugiés qui ne s'appliquera qu’aux couples mariés avant la crise migratoire et aux individus au casier vierge. 

 

Vers la fin de l’austérité en Europe ?

Lundi, Martin Schulz annonçait la "fin du diktat de l’austérité" et un "nouveau départ pour l’Europe". Si Angela Merkel n’a pas repris à son compte cette affirmation, une chose est assurée : les deux camps se sont entendus sur le principe d’un budget d’investissement pour la zone euro. Techniquement, il s’agit de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un fonds monétaire européen. Son rôle ? Pouvoir surveiller les déficits des États-membres et surtout leur offrir une meilleure protection face aux crises financières. Le SPD et la CDU/CSU sont prêts à discuter des propositions de réforme du président français Emmanuel Macron. Ce point est clairement rédigé dans le texte de l’accord : "En étroite collaboration avec la France, nous voulons renforcer de manière durable et réformer la zone euro, de manière à ce que l'euro résiste mieux aux crises mondiales". L’Allemagne prévoit aussi d’augmenter sa contribution au budget de l'UE.

 

Objectif : budget à l’équilibre

Les caisses de l’État allemand sont remplies de quelque 45 milliards d’euros à répartir entre investissements et cadeaux fiscaux. L’objectif affiché d’Angela Merkel est de conserver un budget à l’équilibre : le "Schwarze Null" (le "zéro noir" ou "zéro pile"). Le SPD militait durant sa campagne pour une plus grande justice sociale. Il a partiellement obtenu gain de cause. Exemple : il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les plus aisés alors que les sociaux-démocrates demandaient une hausse de 42 à 45% du taux d’imposition maximal. Par contre, l’impôt de solidarité - payé par les Allemands de l’ouest pour soutenir ceux de l’ex-RDA - sera progressivement supprimé. Cela correspond à un allègement d’impôt de 10 milliards d’euros d’ici 2021.

 

Des concessions sur la distribution des ministères

La répartition des ministères a donné lieu à de longues discussions. Les sociaux-démocrates tirent finalement leur épingle du jeu, en obtenant notamment les Finances, chasse gardée depuis huit ans des conservateurs. Le SPD conserve également les ministères des Affaires étrangères, du Travail, de la Famille, de la Justice et de l'environnement. Les conservateurs bavarois (CSU) obtiennent les ministères de l'Intérieur, les Transports et le Numérique, alors que la CDU de la chancelière prend entre autres la Défense, l'Économie, la Santé et l'Éducation.  

Dernière màj le 7 février 2018