Manuel Valls Premier ministre

Pays : France

Tags : Remaniement, Municipales

Il aura fallu à peine 24 heures. Au lendemain de la cuisante défaite de la gauche aux élections municipales, François Hollande a demandé à l'actuel ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, de former un nouveau gouvernement. Il remplace donc Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre. Une annonce faite lundi en début de soirée lors d'une allocation télévisée..

 

 

Au lendemain de la cuisante défaite aux élections municipale, le remaniement était devenu inévitables. Avec 151 villes de plus 10 000 habitants perdues et au-delà de ça des records absolus d'impopularité sous la cinquième République, François Hollande devait  donner un nouvel élan à sa présidence. Exit donc Jean-Marc Ayrault après presque de deux ans de (bons?) et en tout cas loyaux services. Et voici venir Manuel Valls, chouchou des Français.

 

C'est donc à 20 heures pile que François Hollande a pris la parole, annonçant qu'il confiait à Manuel Valls les clés de l'hôtel Matignon, pour  "conduire le gouvernement de la France, (...) une équipe resserrée, (...) un gouvernement de combat". Il a ensuite donné trois priorités au futur gouvernement : "Son premier pilier, c'est l'éducation, et la formation de la jeunesse ; son second, c'est la sécurité sociale avec la priorité donnée à la Santé ; et enfin le troisième, c'est le pouvoir d'achat avec une diminution des impôts des Français et une baisse rapide des cotisations payées par les salariés."

 

Un pacte de solidarité

 

Pour tenter de rassurer l'aile gauche de sa majorité, François Hollande a également annoncé un "pacte de solidarité" , sorte de pendant social au "pacte de responsabilité" lancé au début de l'année. Insuffisant pour les deux écologistes du gouvernement sortant, Pascal Canfin et Cécile Duflot, qui ont prévenu qu'ils n'entendaient pas "participer à ce nouveau gouvernement" estimant que M. Valls n'était "pas la réponse adéquate aux problèmes des Français".

 

Le Président de la République a par ailleurs et comme il se doit rendu hommage à son ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault qui « s'est consacré avec courage et abnégation à cette tâche difficile. Et [qui a] a réussi à rétablir la situation très dégradée dont nous avons hérité". Mais la page Ayrault est bel et bien tournée. Place à un gouvernement Valls. 

 

L'atout principal de Manuel Vall, c'est sans doute sa popularité. Il est apprécié à gauche pour son dynamisme et à droite pour sa fermeté. C'est dans sa ville, Evry qu'il a fait ses premières armes. Il y fut maire pendant plus de 10 ans, de 2001 à 2012. Aux dernières élections municipales, il avait été réélu avec 70% des suffrages exprimés. Des chiffres qui laissent particulièrement rêveur en cette journée de défaite électorale. Mais Manuel Valls a toujours su voir plus loin.

 

Itinéraire d'un ambitieux

 

Ce fils d'immigré espagnol a toujours cru en sa bonne étoile. En 2011, il se présente aux primaires du parti socialiste. Il est éliminé dès le premier tour mais cette candidature ne restera pas sans conséquence. Ses prises de position contre les 35 heures ou l'insécurité en agacent certains, mais il se positionne à la droite de l'échiquier socialiste et certains voient en lui le « Nicolas Sarkozy » de la gauche. Il prend les compliments, rejette les accusations et poursuit sur sa lancée. Il devient le directeur de campagne de François Hollande en 2012 et ravit, au soir de la victoire, le poste qu'il convoitait : le ministère de l'Intérieur.

 

Encore une fois, son passage Place Beauvau ne passe pas inaperçu. Le premier été est même franchement mouvementé, avec les expulsions de Roms qui reprennent. Il devient assez vite l'épouvantail des écologistes et le rival de la ministre de la justice Christiane Taubira. Qu'importe, Manuel Valls adore les polémiques, elles lui permettent d'exister. Comme en cette fin d'année 2013, quand la planète médiatique s'agite autour de la pertinence ou non d'interdire les spectacles de l'humoriste Dieudonné. On le dit débordant d'ambition, Manuel Valls n'était effectivement pas homme à se contenter de la Place Beauvau. 

 

Fanny Lépine, Mathieu Boch et Hugues Jardel

 

Dernière màj le 8 décembre 2016