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Malgré la crise, l'empire russe contre-attaque

Pays : Russie

Tags : Ukraine, Conflit, Syrie, Pays baltes, économie

Après s’être immiscée dans la crise ukrainienne en 2014, la Russie prend part à présent activement au conflit syrien. Elle soutient ouvertement le régime de Bachar al-Assad, et ce contre la volonté de la coalition internationale. Moscou est bien décidé à profiter du recul diplomatique des Etats-Unis, occupés à organiser les élections présidentielles. Pourtant, le seul obstacle capable d’arrêter Poutine pourrait bien venir de son propre pays : en berne depuis plus d’un an, l’économie russe est à bout de souffle et menace de faire s'écrouler le géant.

L’intervention en Syrie, point d’ancrage au Moyen-Orient 

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Cinq ans de guerre, 260 000 morts, 4,6 millions de réfugiés en Syrie.
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En mettant sur pied une vaste coalition internationale en 2014, Barack Obama poursuivait un double objectif : combattre l’Etat islamique en Syrie et remplacer le régime de Bachar al-Assad par un gouvernement sunnite piloté depuis l’Arabie Saoudite. La feuille de route était sans compter sur l’intervention de la Russie, qui envoie depuis le 30 septembre 2015 ses avions militaires bombarder le sol syrien. C’est la première fois depuis la guerre en Afghanistan qu’une intervention russe dépasse les anciennes frontières de l’URSS.

Des bombardements pour mettre fin à la guerre

Contrairement à ce que Moscou affirme, la lutte contre le terrorisme n'est pas sa seule motivation : en intervenant, la Russie cherche à préserver son dernier point d'appui militaire en Méditerranée et à soutenir le régime syrien, puissant allié dans la région. C’est aussi l’occasion pour Vladimir Poutine de prendre sa revanche sur son adversaire américain vainqueur de la guerre froide et d’affaiblir l’Europe, divisée sur l'attitude à adopter pour sortir de cette guerre dévastatrice.

Les frappes russes ont permis au régime de Damas de regagner du terrain dans le nord du pays, alors que l’armée est sur le point d’arracher Alep, la deuxième ville du pays, aux mains des rebelles. Ces frappes ont aussi torpillé les pourparlers de paix entre le régime et les rebelles, suspendus le 4 février à Genève.

En provoquant la famine et recourant aux bombardements à l’aveugle, Moscou impose l’ordre russe sans mette un terme à la guerre, qui a fait plus de 260 000 morts et jeté sur les routes plus de la moitié de la population du pays. 
 

Bras de fer avec la Turquie

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La Turquie au bord d’une guerre civile.

Par son intervention militaire, la Russie a évincé la Turquie du champ de bataille syrien. Constamment bombardée, la principale route de ravitaillement des rebelles soutenus par Ankara est coupée et la Turquie assiste à présent impuissante à l’avancée des troupes de Bachar al-Assad, ennemi intime du président Erdogan, que celui-ci s’était juré de renverser.

Fin novembre, la Turquie a abattu un avion militaire russe accusé d'avoir violé son espace aérien. Moscou a mis en place une série de sanctions économiques, limitant les importations de produits agricoles et énergétiques. La Turquie a annoncé à son tour des sanctions contre la Russie et les passes d'armes entre Ankara et Moscou deviennent de plus en plus violente.

L'expansion en Ukraine menace les pays baltes 

États baltes : la peur de l'invasion

Le bras de fer lancé entre la Russie et l’Occident en Syrie rappelle le scénario ukrainien. Profitant de la crise politique ukrainienne démarrée fin 2013, la Russie a étendu son pouvoir dans l’est du pays. En avril 2014, la Crimée, région russophone, obtient par réferendum son annexion à la Russie. 

Depuis, l’inquiétude grandit dans les pays baltes. Les trois anciennes républiques soviétiques redoutent que le Kremlin ne cherche à étendre son emprise dans la région. De nombreuses violations de l’espace aérien par les avions russes ont ainsi été dénoncées par les médias depuis le début du conflit ukrainien. Principale source d’inquiétude : l’enclave de Kaliningrad. Coincée entre la Lituanie, la Pologne et la mer Baltique, la région russe abrite des missiles opérationnels déployés le long de la frontière russe.

 
L'économie russe à la traîne

La guerre a un coût. Troisième budget militaire derrière les États-Unis et la Chine, la Russie continue d'investir massivement dans son armée. En 2015, le Kremlin a consacré 84,5 milliards de dollars à la défense, soit 4,5% du PIB, selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). Pourtant en Russie, les prévisions économiques sont loin d'être réjouissantes. Après une année 2015 difficile, 2016 s'annonce encore plus critique selon les experts. Le prix du pétrole, la valeur du rouble, les salaires et les investissements continuent de chuter, faisant de la crise économique que traverse la Russie la plus longue de son histoire moderne. La situation inquiète particulièrement Moscou qui se prépare à renouveler son Parlement en septembre prochain.

 

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Dernière màj le 8 décembre 2016