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Macron réaffirme son soutien à l'Ukraine

Pays : France

Tags : Ukraine, guerre, est de l'Ukraine, Russie

A l’est, rien de nouveau. Lors de sa rencontre lundi avec le président ukrainien Petro Porochenko, Emmanuel Macron n’a pas varié de la position de la France sur l’Ukraine, trois ans après le début du conflit qui a fait plus de dix mille morts.

De nouvelles négociations à quatre avant le G20

Le président français s'est prononcé sur deux points. Il a rappelé l'attachement de la France "à la souveraineté de l'Ukraine dans ses frontières reconnues" et réaffirmé que "la France ne reconnaîtra pas l'annexion de la Crimée" par la Russie. Emmanuel Macron s'est également prononcé en faveur de discussions au "format Normandie", c'est-à-dire entre la France, la Russie, l'Ukraine et l'Allemagne. "J'ai réaffirmé au président Porochenko ma volonté de poursuivre le processus de Minsk et d'obtenir avant le G20 un échange nourri dans le format Normandie, avec la présence pour un temps de l'OSCE [l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe]", a poursuivi le chef de l’Etat, qui veut se donner "quelques mois" pour réussir "dans le cadre de ces accords"

Pour Emmanuel Macron, la prochaine étape doit avoir lieu fin juin ou début juillet, lors de la prochaine rencontre de ce type. Il veut que soient "mises sur la table une série de préconditions pour faire évoluer les choses : le retrait de toutes les forces à proximité de la frontière, avec une présence de l'OSCE ou une capacité internationale pour la sécuriser, une avancée sur la question du blocus [économique] et une sur les prisonniers".

Que veulent l'Ukraine et les séparatistes prorusses ? Plus d'informations dans notre interview croisée des deux camps.

 

Porochenko satisfait du soutien américain et français

Petro Porochenko a quant à lui souhaité "une présence de l'OSCE 24 heures sur 24 sur la ligne de contact" entre forces séparatistes et armée ukrainienne, dans l'est du pays. Avant d’ajouter : "J'ai beaucoup plus d'optimisme". Le processus d'intégration et de rapprochement entre l'Ukraine et l'Union européenne n'a, semble-t-il, pas été évoqué par les deux présidents, même s'il a connu il y a peu une nouvelle avancée : depuis début juin, les Ukrainiens n'ont plus besoin de visa pour se rendre dans l'UE.

La semaine dernière, Petro Porochenko avait déjà rencontré Donald Trump, au moment même où son administration annonçait le renforcement des sanctions contre la Russie pour son soutien aux rebelles séparatistes en Ukraine. Selon le président ukrainien, la discussion a en particulier porté sur la coopération militaire. "Le président a donné des instructions claires pour que nous élargissions notre coopération", avait-il affirmé. Le chef d’Etat américain pourrait rencontrer pour la première fois Vladimir Poutine à l’occasion du G20, prévu les 7 et 8 juillet prochain à Hambourg.
 

Des combats incessants

A côté de ces grandes manœuvres diplomatiques, la situation s’enlise sur le terrain. Deux soldats ukrainiens ont été tués samedi dans l'est de l'Ukraine, quelques heures après l'entrée en vigueur d'une nouvelle trêve entre rebelles prorusses et forces de Kiev. Comme souvent, les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu. Des représentants des rebelles de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) ont fait état d'une dizaine de violations de la trêve par les forces de Kiev. Selon l’armée ukrainienne, ce sont les rebelles qui auraient tiré à plusieurs reprises sur les soldats.

Les nombreuses trêves conclues ces dernières années ne sont jamais parvenues à faire définitivement cesser les combats. Depuis 2014, l'OSCE est chargée de surveiller cette ligne de front qui ne s'est jamais totalement endormie.
 

Des rebelles séparatistes soutenus par la Russie s'opposent depuis 2014 à l'armée ukrainienne dans l'est de l'Ukraine. L’accord de Minsk 2, signé en février 2015, prévoyait un cessez-le-feu dans les régions séparatistes de Donetsk et de Lougansk, le retrait des "armes lourdes" et de "tous les groupes armés étrangers", ainsi que la mise en place d’une "zone tampon" démilitarisée. Côté politique, il recommandait la tenue d’élections locales dans les régions de Donetsk et de Lougansk, pour définir leur statut.

Dernière màj le 26 juin 2017