L’Ukraine en chiffres

Pays : Ukraine

Tags : Porochenko, Ressources

L’élection présidentielle s’est conclue par la victoire de Petro Porochenko, mais la situation ne s’est pas pour autant stabilisée en Ukraine : à l’est, les conflits avec les groupes séparatistes se poursuivent avec chaque jour de nouvelles victimes et financièrement le pays est au bord de l'abîme. Avec cette carte interactive, découvrez les enjeux de ce conflit aux frontières de l’Europe.

 

Lignes aériennes : un pays aux portes de l'Europe

Trois heures : c’est le temps qu’a mis le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, pour se rendre à un sommet de crise à Kiev. En regardant de plus près la carte de l'Europe, on ne peut que constater la proximité de l’Ukraine avec les centres de pouvoir russe et européens. Proximité géographique, mais éloignement idéologique : alors que de nombreux Allemands affichent leur compréhension pour la Russie, les pays d’Europe de l’est comme la Pologne sont sur la défensive. 

 

Population : des conflits autour de la langue russe

Dans les régions  de Kharkov, Donetsk, Louhansk et Zaporijia, un quart des habitants sont russes. En Crimée - aujourd'hui annexée à la Fédération de Russie - ils représentent plus de la moitié de la population. L’origine ethnique a une influence considérable sur la manière dont les Ukrainiens de ces régions considèrent leur relation à la Russie. Pourtant, la volonté de se rapprocher de  Moscou n’est plus aussi forte qu’avant : 31,8% des Russes souhaitent le rattachement de l’Ukraine, contre seulement 8,7% des Ukrainiens. C’est ce qu’indique un sondage réalisé en février 2014 par l’Institut international de Kiev et le Fonds des initiatives démocratiques. 

Depuis longtemps, la langue russe est source de conflits en Ukraine . Sous le mandat de l’ancien Président Ianoukovitch, elle a été autorisée comme langue régionale. Véritable bénédiction pour la minorité russophone, la mesure a été critiquée, notamment par l’ancien Président Koutchma, comme allant à l’encontre de l’unité et de l’indépendance de l’Ukraine. Parmi ses premières mesures officielles, le gouvernement de transition a proclamé cette année l’abolition du russe comme deuxième langue. Un signal désastreux pour la partie orientale et le sud du pays. Le cabinet du premier ministre Arseni Iatseniouk a depuis fait machine arrière. 

 

Economie : un salaire moyen inférieur à 200 €

Le salaire moyen mensuel ne dépasse pas 200 € par mois. A Kiev, un salarié gagne au mieux 300€ pour des loyers presque aussi élevés que ceux pratiqués en Europe de l’ouest. A ce prix-là,  mieux vaut acheter et c’est ce que font de nombreux Ukrainiens. Un habitant sur cinq vit de l’agriculture, un secteur particulièrement important à l’ouest du pays, bien que les chiffres indiquent que la région n’est pas la plus productive. De nombreux particuliers cultivent en effet pour eux-mêmes avec un rendement limité. D’après les indications de l’Organisation mondiale de l’alimentation, l’Ukraine pourrait considérablement développer sa production grâce au tchernoziom,  des terres noires, riches en humus et donc extrêmement fertiles. Dans l'est de l'Ukraine, les mines et les usines d'acier sont les acteurs économiques les plus importants. Mais les infrastructures nécessitent d’être modernisées. 

 

Pipelines : du gaz européen en Ukraine 

Avec ses 39 800 km de gazoducs et ses 13 réserves souterraines de gaz, l’Ukraine représente un maillon important pour l’approvisionnement futur de l’UE en gaz naturel. Mais avec la crise actuelle, la vapeur s'est inversée : l’Ukraine va devoir importer du gaz naturel de Pologne ou de Slovaquie pour se libérer de la tutelle russe. Les pipelines qui servent habituellement à transporter le gaz naturel de Russie jusqu’en Europe vont transporter l’énergie dans l’autre sens. C’est la méthode du courant inversé. A de nombreuses reprises par le passé, Moscou a fait pression sur l’Ukraine en augmentant les prix du gaz. Le résultat est étrange : l’entreprise allemande RWE importe une grande partie de son gaz de Russie pour en revendre une partie à Kiev. Une opération couteuse, dans laquelle l'Ukraine n’est pas la seule lésée, la Russie perd elle-aussi au change. 

 

Richesses du sous-sol : la perte de la Crimée annonce une addition salée

L’abondance de ressources en gaz et les gisements pétroliers pourrait assurer à l’Ukraine son indépendance envers la Russie. Mais avec l’annexion de la Crimée par Moscou,  l’Ukraine a perdu 198 gisements de gaz et de pétrole en exploitation et 380 gisements potentiels. D’après les estimations russes, 47 millions de tonnes de pétrole et 165.3 milliards de mètres cubes de réserves de gaz naturel se situent sur le territoire de Crimée. L’Ukraine conserve toutefois d’autres ressources naturelles. Dans la région de Donetsk à l’est du pays, se concentrent les mines de charbon, de fer, de graphite et de manganèse. A l’ouest, dans la région d’Ivano-Frankivsk se trouvent des réserves de pétrole, de gaz naturel, de lignite, de potassium et de calcaire. En Europe, l'uranium est extrait uniquement en République tchèque et en Ukraine. Autre richesse : la présence de tchernoziom, des "terres noires" riches en hummus et donc très fertiles, qui recouvrent près de la moitié des terres ukrainiennes. 30% des terres noires au niveau mondiales sont situées en Ukraine. 

Dernière màj le 8 décembre 2016