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L'UE trouve un accord sur la répartition de 120 000 réfugiés

Pays : Union européenne

Tags : Réfugiés, Europe

La question des quotas

Les ministres de l’Intérieur des vingt-huit Etats membres de l’Union européenne se sont réunis ce mardi à Bruxelles pour parler de l’application des quotas d’accueil de 120 000 réfugiés. Sur cette question, l’avis des pays est plutôt partagé. Président du conseil de l'Union européenne, le Luxembourg se pose comme médiateur et essaye de faire passer le chiffre de 120 000 réfugiés accueillis en deux ans. "Si on n’y arrive pas, rien ne se fera. Je ne comprendrais pas qu’un pays puisse s’opposer à cela" , expliquait au Monde lundi soir le ministre des affaires Etrangères du Grand-Duché, Jean Asselborn.

Lors de la réunion, le vote des ministres a penché en faveur de l’application de ces quotas "à une large majorité". Pourtant, plusieurs pays ont exprimé leurs désaccords et si la Finlande s’est abstenue du vote, la Hongrie, la Slovaquie, la République Tchèque et la Roumanie ont voté contre. "Nous, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie, (sommes) contre", affirmait le ministre tchèque de l'Intérieur Milan Chovanec peu avant la réunion sur Twitter. "La plupart des pays européens vont vers l'adoption d'un geste politique vide et inefficace", a accusé M. Chovanec, regrettant que la Pologne, qui s'est finalement déclarée prête à accueillir plus de réfugiés que les quotas proposés, se soit "désolidarisée" de ses voisins.

Crise dans les pays en première ligne

Après la fermeture de la frontière ave la Serbie par les autorités hongroises, la Croatie s’est retrouvée en première ligne des pays traversés par les réfugiés. D’abord accueillantes, les autorités croates ont rapidement été dépassées par l’afflux de réfugiés. En à peine six jours, trente-cinq mille réfugiés ont franchi la frontière serbo-croate. En réponse, Zagreb a demandé au gouvernement serbe de rediriger les réfugiés vers la Hongrie ou la Roumanie : "Je n'accuse pas la Serbie mais je leur dis (...) envoyez (des réfugiés, ndlr) vers la Hongrie et la Roumanie, vers la Croatie aussi, et puis nous les acheminerons à notre tour dans toutes les directions", a déclaré Zoran Milanovic, le premier ministre croate. Pour mettre la pression sur la Serbie, les autorités croates ont interdit ce mardi l'accès des poids-lourds en provenance de la Serbie sur son territoire par le poste-frontière de Bajakovo, le seul encore ouvert entre les deux pays.

La politique hongroise se durcit 

Afin de palier à l’afflux de réfugiés dans le pays, le gouvernement croate n’a pas d’autre choix que de rediriger les arrivants vers ses pays voisins dont la Hongrie, qui commence à fermer sa frontière. Déjà au poste-frontière croato-hongrois de Beremend, des piliers ont été plantés tous les trois mètres, en attente d'un grillage et de barbelés.

Dans le même temps, le gouvernement hongrois a donné plus de pouvoir aux soldats. Depuis mardi, les soldats stationnés à la frontière sud du pays ont obtenu des droits comparables à ceux des policiers. Dorénavant, ils peuvent librement contrôler les personnes et les véhicules qu'ils souhaitent. Ils ont aussi obtenu le droit de pouvoir détenir des gens ainsi que d'utiliser des armes non-létales, telles que du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc ou encore des filets.

La Deutsche Bahn dépassée

De son côté, l’Allemagne tente de gérer l’afflux de réfugiés qui arrivent sur son territoire en quête d’une vie meilleure. Après que le gouvernement a décidé de rétablir les contrôles aux frontières avec l’Autriche, la Deutsche Bahn a annoncé ce mardi, la suspension de sa ligne Munich-Salzbourg-Vienne-Budapest jusqu’au 4 octobre, principalement à cause des perturbations et retards causés par ces contrôles.

Les Pays-Bas préparent l’arrivée de milliers de réfugiés

En prévision d'un afflux important de réfugiés, les Pays-Bas ont entamé la construction d'un gigantesque camp, près de la frontière allemande. Au terme des travaux, les pavillons blancs de métal et de plastique, construits sur 5,5 hectares, permettront à trois mille demandeurs d’asile de pouvoir trouver refuge. Cependant, tout cela n’est que temporaire puisque tout devra être démantelé au plus tard pour juin, le terrain devant être utilisé pour des Jeux paralympiques.

 

Dernière màj le 8 décembre 2016