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L'UE échoue (encore une fois) à s'entendre sur les réfugiés

Pays : Union européenne

Tags : Réfugiés

Les vingt-huit Etats membres de l'Union européenne, réunis en urgence lundi à Bruxelles, ne sont pas parvenus à un accord sur la répartition contraignante de 120 000 réfugiés, réclamée la semaine dernière par la Commission européenne pour faire face à une des pires crises migratoires en Europe depuis 1945.

Certes, "une grande majorité d'Etats se sont engagés sur le principe d'une relocalisation" des 120 000 réfugiés, "mais tout le monde n'est pas pour l'instant à bord", a reconnu le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn. Selon le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, "un certain nombre de pays ne veulent pas adhérer à ce processus de solidarité", dont "les pays du groupe de Visegrad" (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie). 

Le ministre de l'Intérieur allemand, Thomas de Maizière, a évoqué, mardi, la possibilité de réduire les fonds structurels versés par l'Union européenne aux pays qui rejettent l'idée de quotas de répartition des réfugiés. "Nous devons parler de moyens de pression", a-t-il dit à la chaîne publique ZDF, disant approuver la proposition formulée en ce sens par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Accord sur les centres d'enregistrement des migrants

Les Etats membres ont en revanche confirmé qu'ils allaient se répartir l'accueil de quelque 40 000 réfugiés, comme prévu depuis fin juillet. Au rang des avancées de lundi, l'Italie et la Grèce ont également accepté la mise en oeuvre à leurs frontières de "hotspots", des centres d'accueil chargés d'enregistrer les migrants à leur arrivée en Europe et de distinguer en amont s'ils relèvent du droit d'asile ou de la migration illégale.

L'ONG Amnesty International s'est désolée que "les représentants de l'UE (aient) une fois de plus lamentablement échoué à (...) répondre à la crise", estimant qu'il faut "repenser complètement le traitement de l'asile dans l'UE, et pas de nouvelles barrières et encore plus de chamailleries sur les quotas".

Cette réunion décevante à Bruxelles a eu comme toile de fond le rétablissement des contrôles aux frontières allemandes et autrichiennes, une suspension de facto de la libre circulation garantie par les accords de Schengen en Europe.

Dernière màj le 8 décembre 2016