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Lituanie – la révolution du «chou-fleur»

Pays : Lituanie

Tags : inflation, prix, Fruit, légumes

Les habitants du pays sont en colère contre l’augmentation des prix de certaines denrées alimentaires comme les fruits et légumes.

Pas moins de 3,49 euros pour un chou-fleur ! Une habitante de la ville lituanienne de Vilkaviškis n’a pas supporté débourser autant pour acheter ce légume. Comme le raconte le Guardian, repris par Slate.fr, elle a alors partagé son indignation sur Facebook, photo de son ticket de caisse à l’appui. Son post a été partagé des dizaines de milliers de fois sur le réseau social, par des Lituaniens clamant leur colère contre la flambée générale des prix alimentaires. Une contestation qui a débouché à la fin du mois de mai 2016 par un appel au boycott de trois jours des chaines de supermarché du pays.

Comme l’explique le Guardian, d’après certains analystes, le prix des denrées alimentaires a augmenté de manière significative, allant même jusqu’à tripler pour certains produits, depuis que le pays a adopté l’euro en janvier 2015. Mais pour le gouvernement, contraint de réagir (d’autant plus qu’il s’agit d’une année électorale), le changement de devise n’est pas à blâmer. « La plupart des produits sont importés de pays de la zone euro, les changements des prix sont donc dus à d’autres raisons, comme les évolutions du marché, les mauvaises récoltes et autres », a expliqué le Premier ministre Algirdas Butkevicius.

Hausse saisonnière de la demande mondiale

Les habitants comparent en tous cas leurs tickets de caisse à ceux des voisins polonais, où le panier moyen est bien moins cher, notamment grâce à une fiscalité différente. Nerijus Maciulis, le chef des économistes de Swedbank en Lituanie, affirme que l'augmentation du prix du chou-fleur, en particulier, a été causée par une hausse saisonnière de la demande mondiale et par de mauvaises conditions météorologiques : « Je sais qu’il y a la tentation d’accuser quelqu’un, mais l’augmentation du prix du chou-fleur n’est pas due à l’introduction de l’euro ou à la cupidité des agriculteurs ou des détaillants. »

D'après lui, les prix du chou-fleur aux États-Unis, au Canada et en Nouvelle-Zélande sont bien plus élevés. Selon le Guardian, ces protestations ne peuvent pas encore tout à fait constituer une « Révolution du chou-fleur », mais ont tout de même déjà un impact. Bien que les responsables nient quelconque lien avec le boycott, Maxima, la principale chaîne de supermarchés, a diminué les prix de certains articles de 20 à 40%. 

 

Dernière màj le 3 juin 2016