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L'inexorable avancée de l'EIIL en Irak

Pays : Irak

Tags : EIIL, Djihad

Deux ans et demi après le retrait américain de l'Irak, les jihadistes de l'EIIL contrôlent une partie du nord-ouest du pays. Les Irakiens vivent dans la tourmente depuis la prise de la deuxième ville du pays, Mossoul. Face au peu de résistance de l'armée irakienne, se pose la question de la crédibilité du premier ministre Nouri al-Maliki, fraîchement réélu pour un 3ème mandat. Pour le journaliste franco-irakien Feurat Alani, spécialiste de l'Irak, cette offensive n'est ni plus ni moins qu'un coup d’État.

Quelques jours après le début de leur offensive, les jihadistes de l'EIIL, avance inexorablement sur la capitale, Bagdad. Si cette progression semble soudaine, elle est la conséquence de l'impuissance toujours plus grande des autorités irakienne et de l'échec militaire et politique du premier ministre Nouri al-Maliki, comme l'explique Feurat Alini, journaliste franco-irakien basé à Dubaï. Si l'EIIL a commencé par se faire connaître lors de l'invasion des Américains en Irak, les principales étapes de leur progression, ont été favorisées par le conflit entre la minorité sunnite et les chiites au pouvoir.

La progression

De part la proximité de Mossoul avec la frontière Irako-syrienne, il y a énormément de circulation d'hommes, d'armes, d'argents et d'informations.

Feurat Alini - 12/06/2014

Ainsi le 22 décembre 2011, quatre jours après le retrait américain, une série d'attentats à Bagdad fait 60 morts est revendiquée par une branche d'Al-Qaïda, l'Etat islamique en Irak (ISI), dirigée par Abou Bakr al-Bagdadi et constituée après l'invasion américaine de 2003. L'ISI, auteur de multiples attentats qu'il intensifiera en 2012, est implanté dans les provinces d'al-Anbar, Ninive et Kirkouk. Une zone où une insurrection jihadiste avait infligé de lourdes pertes aux forces américaines entre 2003 et 2006, surtout à Fallouja et Ramadi. Alimentées par la colère sunnite et le conflit en Syrie, les violences atteignent leur plus haut depuis cinq ans, faisant craindre un retour à la sanglante guerre confessionnelle de 2006-2007. Des bombes dévastent quotidiennement marchés, mosquées ou même funérailles. Les jihadistes attaquent des prisons et des casernes.

 

 

Les forces de sécurité tentent de réagir en menant de vastes opérations anti-jihadistes. Enfin début janvier 2014, les jihadistes contrôlent Fallouja et des quartiers de Ramadi. Bagdad voit ainsi d'importantes villes lui échapper pour la première fois depuis l'invasion américaine. Et selon l'ONU, près de 500.000 personnes fuient les combats. Un mois après, alors que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki poursuit de difficiles tractations pour se maintenir, les jihadistes attaquent l'université d'al-Anbar à Ramadi et Mossoul, deuxième ville du pays à 300 km au nord de Bagdad. "L'EIIL n'est seul à Mossoul, il y a énormément d'officiers de l'ancienne armée irakienne", comme l'explique Feurat Alini, journaliste franco-irakien, spécialiste du pays.

 

Bagdad impuissante face à l'EIIL.

La version de l'EIIL c'est d'établir un Khalifa islamique et pour les baassistes, c'est reprendre le pouvoir à Bagdad.

Feurat Alini - 12/06/2014

Alors que l'Irak est plongé dans la tourmente depuis la prise de Mossoul, deuxième ville d'Irak, le parlement devait se réunir jeudi 12 juin, à l'appel du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki, pour décréter l'état d'urgence. Mais, faute de quorum, cette session a été annulée. Face à la débandade de l'armée, Maliki, honni par les jihadistes, a appelé "toutes les tribus à former des unités de volontaires" pour combattre avec ses forces les insurgés. Mais comme l'explique le journaliste franco-irakien Feurat Alini, "la coopération entre l'EIIL et d'ex membres du parti Baas de Saddam Hussein, est tout à fait officielle". Enfin les troupes irakiennes, formées par les Etats-Unis à partir de zéro et après la dissolution de l'armée de Saddam Hussein, n'ont jamais réussi à devenir une véritable force armée et à faire cesser les attentats qui ensanglantent le pays depuis un an et demi.

 

 

3 Questions au journaliste franco-irakien Feurat Alani, auteur de plusieurs films sur l'Irak, et notamment un carnet de route web pour ARTE.

 

ARTE Info: Après la chute de plusieurs villes irakiennes au profit de l'EIIL, peut on parler d'échec du Premier ministre irakien après 8 ans au pouvoir ?

Pourquoi l'EIIL progresse si facilement ?

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L'objectif est-il de faire revenir les sunnites du parti Baas au pouvoir ?
Dernière màj le 8 décembre 2016