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L’immigration coûte-t-elle cher à la France et à l’Allemagne ?

Pays : Union européenne

Tags : Immigration, coût

Pour certains, l'immigration est une charge trop lourde. Pour d'autres, c'est une chance. Passage en revue des positions et des arguments.

 

Les immigrés sont régulièrement accusés de profiter des largesses de la protection sociale en France, ce qui pèserait sur les finances publiques. Les professeurs d’économie Jacques Bichot, Yves-Marie Laulan, et Gérard Lafay évaluaient ainsi en 2005 le coût de l’immigration à 24 milliards d’euros par an pour les finances publiques françaises. Cela s’expliquerait entre autres, par le fait qu’en 2005 les immigrés non européens étaient plus souvent bénéficiaires que les nationaux de certaines aides sociales de base (minima sociaux, aides au logement, etc.).

D’autres chercheurs ne nient pas cette réalité, mais aboutissent au résultat inverse : une étude de Xavier Chojnicki, Cécily Defoort, Carine Drapier et Lionel Ragot assure que les migrants sont contributeurs nets, à hauteur de 12 milliards d’euros pour l’année 2005. Pourquoi ? Parce que les immigrés pèsent moins que les autochtones sur les dépenses de santé et de retraite, du fait d'une moindre espérance de vie et de carrières plus précaires. Or, la santé et les retraites sont de loin les deux postes de dépense les plus importants. D'autre part, les immigrés contribuent également à financer la protection sociale en payant des impôts et des cotisations sociales.

Le chercheur Olivier Monso rappelle qu’il faut se méfier des évaluations car elles sont très difficiles à mener, rendant leurs résultats incertains. Il écrit aussi que « l’impact global de l’immigration sur les finances publiques est délicat à déterminer mais, positif ou négatif, il apparaît de faible ampleur ». [3]

Mesurer l’impact de l’immigration nécessite en tout cas de tenir compte du fait que les étrangers ne viennent pas seulement « partager le gâteau » des nationaux, ils le font aussi grossir. L’arrivée des immigrés a en effet un « effet mécanique positif sur l'activité et la croissance », notait en 2006 un rapport du ministère de l'Économie. « Voilà pourquoi l’immigration ne menace pas l’emploi en France », écrit Laurent Jeanneau dans Alternatives économiques. Ce que confirme l’économiste André Zylberberg, qui rappelle que plusieurs pays ont absorbé des chocs démographiques importants sans que leur taux de chômage augmente significativement (la France avec l’arrivée des pieds-noirs en 1962, Miami avec l’arrivée des Cubains dans les années 1980).

 

Dernière màj le 8 décembre 2016