|

L'hommage au chef d’orchestre et compositeur Pierre Boulez

Pays : France

Tags : Pierre Boulez, Orchestre

Le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez, figure majeure de la musique contemporaine connue dans le monde entier, est décédé mardi soir à l’âge de 90 ans à Baden-Baden en Allemagne. 


A la demande de Georges Pompidou en 1974, le compositeur avait fondé l’Institut de recherche sur la musique et l’acoustique (Ircam). A l’annonce de sa mort, l’institut lui rend hommage lors d'un concert spécial. Notre corespondant Lionel Jullien était sur place pour reccueillir les réactions.

 

L'Ircam rend hommage à son fondateur Pierre Boulez

"Il a marqué son époque. Il a été un des plus grands compositeurs du XXe siècle et je pense que des oeuvres comme 'Répons' ou 'Le Marteau sans maître' resteront à jamais dans l'histoire de la musique", a déclaré le directeur de l'Opéra de Paris, Stéphane Lissner, mercredi à l'AFP.

A partir des années 1950, il s'est imposé comme le plus grand compositeur-chef d'orchestre de son temps. Né le 26 mars 1925 à Montbrison dans la Loire, Pierre Boulez a suivi au Conservatoire de Paris l'enseignement d'Olivier Messiaen, qui influencera ses premières oeuvres. Son catalogue comprend une trentaine d'oeuvres, dont "Le Marteau sans maître" (1955), d'un grand raffinement instrumental et vocal, et "Répons" (1981-1988), qui utilise les possibilités de transformation électronique du son en temps réel.

Exaspéré par l'attitude conservatrice du monde musical français, il s'était exilé à Baden-Baden dans les années 1960, déclenchant des réactions virulentes en France. Il n'était revenu en France qu'en 1974, lorsque le président Georges Pompidou lui avait demandé de fonder un laboratoire pour la musique contemporaine unique au monde, l'Ircam (Institut de recherche et de coordination acoustique/musique) et l'Ensemble intercontemporain.

Cet inlassable bâtisseur d'institutions a également été à l'origine de la Cité de la musique (1995) et de la Philharmonie de Paris, ouverte en janvier 2015 sans lui, alors qu'il était déjà malade.

 

Un véritable homme d’avenir doit connaître le passé, et pour moi, Pierre Boulez restera toujours un homme d’avenir exemplaire. 

Daniel Barenboim - 06/01/2016

Le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim lui rend hommage :

"Aujourd’hui, le monde de la musique a perdu un de ses compositeurs et chefs d’orchestre les plus marquants. J’ai moi-même perdu un grand collègue, un esprit créatif que j’admirais et un ami proche. J’ai rencontré Pierre Boulez pour la première fois à Berlin en 1964, et il y a peu de confrères musiciens avec lesquels j’ai développé une relation aussi intime au cours des 52 années suivantes. Et cela, même si nous avons toujours respecté le "vous" formel en nous parlant, une rareté dans notre monde plutôt informel, mais pour moi, c’était aussi l’expression de mon plus profond respect et de mon admiration.

 

barenboim.jpg
Daniel Barenboim

'La création n’existe que dans l’imprévu rendu nécessaire' (traduction de la rédaction), a un jour écrit Pierre Boulez. Avec cette croyance comme postulat, Pierre Boulez a profondément transformé la musique, mais aussi la façon dont la société la reçoit. Il a toujours su exactement quand il devait être radical, parce que cela était nécessaire au développement de la musique et de la société. Il n’a cependant jamais été dogmatique et a toujours préservé son talent pour évoluer sans cesse. Son développement était basé sur une profonde connaissance et un respect du passé. Un véritable homme d’avenir doit connaître le passé, et pour moi, Pierre Boulez restera toujours un homme d’avenir exemplaire. 

Pierre Boulez a atteint un idéal paradoxal : il ressentait avec sa tête et pensait avec son cœur. Nous avons le privilège de le vivre encore à travers sa musique. Pour cela, et bien plus encore, je lui serai toujours reconnaissant."

 

A voir sur ARTE Concert : Hommage à Pierre Boulez - l'Ensemble intercontemporain interprète "Répons"

 

 

Dernière màj le 7 janvier 2017