L’héritage, un système légitime ?

Pays : Union européenne

Tags : héritage, partage

Toucher le pactole en héritant… Beaucoup en rêvent, mais ce vœu est rarement exaucé. Chaque année en Allemagne, 200 milliards d’euros sont perçus au titre d’une succession. Un chiffre record.

Samedi 05 septembre

14:05

Yourope

L’héritage, un système légitime ?

 

Mais la plus grande part du gâteau revient à un très petit nombre d’heureux élus. Les héritiers qui ne touchent rien, ou pas grand-chose, sont largement majoritaires. Est-ce juste ? Et qu’en pensent ceux qui héritent de fortunes considérables ?

 

 

 

Au sommaire de notre émission :

 

Nous, les héritiers : interview de la journaliste Julia Friedrichs

Hériter à l'étranger : une maison en Roumanie

L’héritage en mode responsable ? Placer son argent et faire une bonne action

L'héritage en Europe et en chiffres :

Yourope MDR7 Chiffres

 

Nous, les héritiers

 

En 2014, l’économiste Thomas Piketty faisait parler de lui en publiant Le capital au XXIe siècle. Un ouvrage où il décrit le scénario suivant : quelques happy few s’enrichissent de plus en plus en héritant et en faisant fructifier leur capital. Les autres ne peuvent plus prendre le train en marche. Voilà comment une société voit le jour où le travail de l’individu compte de moins en moins. Ce qui fait la différence, c’est le milieu où on naît. Comme dans la société d’ordres de l’Ancien Régime. Pour l’essayiste français, une seule solution : une autre taxation du capital.

La journaliste Julia Friedrichs s’est elle aussi penchée sur cette question. Elle a voulu savoir qui étaient les héritiers allemands et comment ils géraient leur fortune. Saisissante découverte : la moitié des Allemands n’héritent de rien ou de pas grand-chose. Les 8 % les plus riches concentrent 40 % des richesses.

 

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Hériter à l’étranger

 

L’héritage et la répartition des richesses entre les générations… ces questions agitent les esprits ces dernières années en Allemagne. Les successions nuisent-elles à la société ? N’y a-t-il pas un problème lorsque de moins en moins de personnes reçoivent toujours plus, et sans rien faire ?

La question de la justice est bien différente pour ceux qui tentent d’entrer en possession de leur héritage à l’étranger. Surtout lorsque la transmission se fait dans un contexte initialement marqué par l’exil, les persécutions et les expropriations. Dans les ex-Etats communistes, les bouleversements politiques des années 1990 ont donné lieu à d’importantes disputes en matière de foncier et d’immobilier. C’est notamment le cas de la Roumanie. A partir de 2001, ceux qui avaient fui le pays ou avaient été expulsés ont pu exiger la restitution de leurs biens. Plus de 200.000 demandes ont ainsi été déposées. Pour l’heure, très peu ont été traitées. Mieux vaut s’armer de patience quand on s’engage dans pareille procédure.

Petra Mild de Munich est une des premières à avoir vu sa demande traitée. Elle avait trois ans quand sa famille a quitté la Roumanie. Elle souhaite à présent récupérer l’ancienne maison familiale de Pelisor. Où vit une famille roumaine depuis 25 ans.

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L’héritage en mode responsable ?

 

Eh oui, ils existent bel et bien, ces riches héritiers qui soutiennent des projets utiles avec leur fortune. En Allemagne, une enquête effectuée auprès de 629 personnes ayant financé une fondation a tenté de comprendre leurs motivations. La plupart des sondés évoquaient "le poids de la fortune".

Placer son argent et faire une bonne action. C’est l’objectif de la "Bewegungsstiftung", une fondation pas comme les autres qui a vu le jour en mars 2002, créée par neuf membres fondateurs au capital de 250.000 euros. Depuis, la structure compte 150 membres et son capital atteint les 4,5 millions d’euros. Ceux qui font partie de ce club sont généralement de riches héritiers qui ont au minimum placé une somme de 5 000 euros.

Ils sont nombreux à être proches de l’organisation altermondialiste Attac. Pour eux, ce qui compte, c’est combattre les dysfonctionnements, changer la donne plutôt que faire l’aumône. Ce faisant, ils n’hésitent pas à agir contre leur propre intérêt en prônant une taxation plus élevée des grandes successions.

Le débat qui agite l’Allemagne en matière d’héritage va-t-il voir se multiplier les fondations ?

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Dernière màj le 8 décembre 2016