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L'extrême-droite va avoir son groupe au Parlement européen

Pays : Europäische Union

Tags : front national, Extrême-droite, Parlement européen

Depuis les élections européennes de mai 2014, les députés européens FN siégeaient parmi les non-inscrits faute d'avoir pu constituer un groupe parlementaire. Marine Le Pen, la dirigeante de l'extrême-droite française, a réussi à constituer un groupe au Parlement européen autour de son parti. Trente-sept députés l'ont rejointe.

L'idée germait dans l'esprit de Marine Le Pen depuis longtemps. Au moins depuis que son Front national avait fait un bon score aux dernières élections européennes. Mais l'année dernière, le FN avait échoué à former un groupe au Parlement européen. Cette fois-ci, Marine a réussi son coup.

 

 

En savoir plus...

Dans un article publié ce mardi, l'organisation VoteWatch Europe, qui passe au crible les votes du Parlement européen, explique que pour le moment, cette alliance ne coule pas de source : depuis l'intronisation du nouveau Parlement européen en juillet 2014, le Front national n'a partagé qu'entre 47 et 65% de positions communes avec ses nouveaux partenaires. De leur côté, les partis nationaux rassemblés au sein des grands groupes parlementaires sociaux-démocrates, centristes ou conservateurs votent 90% du temps dans la même direction.

 

 

Grâce à deux eurodéputés polonais issus du parti d'extrême droite KNP et une élue britannique exclue des eurosceptiques d'Ukip, elle coprésidera une association de sept partis qui portera le nom d'"Europe des Nations et des Libertés". Il lui fallait au moins vingt-cinq élus de sept nationalités différentes. C'est chose faite. Parmi ses nouveaux amis, on compte notamment Gerolf Annemans du Vlaams Belang (VB) belge, Jimmie Akesson des Démocrates suédois ou encore des élus du Parti pour la liberté néerlandais (PVV), du Parti de la liberté autrichien (FPÖ), de la Ligue du Nord italienne… Exit toute alliance avec le parti grec d'inspiration néonazie Aube Dorée ou le Jobbik hongrois, jugés infréquentables. Tout comme d'ailleurs Jean-Marie Le Pen, son fidèle Bruno Gollnisch ou un autre membre du FN, Aymeric Chauprade.

Qu'est-ce que ça change ?

Chacun sait qu'à plusieurs, on est plus fort. En effet, depuis juillet 2004, les partis politiques européens bénéficient d'un financement annuel du Parlement européen, sous la forme d'une subvention de fonctionnement. Celle-ci peut couvrir jusqu'à 85% des dépenses éligibles d'un parti - le reste étant couvert par des ressources propres comme les cotisations et les dons. Concrètement, les sommes supplémentaires que les élus d'extrême-droite pourraient recevoir du Parlement dans les cinq prochaines années représentent vingt à trente millions d'euros. En clair, grâce à la formation de leur groupe, les députés d'extrême-droite auront deux fois plus d'argent à leur disposition qu'auparavant.

Quoi d'autre ?

Fonder un groupe parlementaire présente un autre avantage : un parti peut désigner lui-même les membres de son propre secrétariat au lieu de dépendre du personnel du Parlement européen. Le groupe jouit également un système de points qu'il peut utiliser pour désigner les eurodéputés à des postes influents dans les commissions du Parlement. Mais faire partie d'un groupe, c'est également disposer d'un meilleur temps de parole, pouvoir déposer des amendements, mais aussi amender des textes en séance plénière. Avant les dernières élections européennes, Marine Le Pen disait dans Le Figaro"Non-inscrits, nous ne pouvons pas déposer d'amendements. Il est donc très important de constituer un groupe politique après les futures élections européennes, pour pouvoir peser plus fortement sur le débat et défendre plus efficacement les idées qui sont les nôtres."

Tout bénef pour Marine

Subventions, temps de parole augmenté, bureaux mis à disposition... la liste des petits avantages est longue, mais c'est surtout le poids politique de Marine Le Pen qui est renforcé, et ses idées. Aucun doute sur le fait qu'elle essayera d'en faire passer quelques-unes grâce à ses nouveaux amis. Comme par exemple : arrêter de loger et de soigner les migrants, ou négocier la sortie de la zone euro de la Grèce. Pas sûr que ça fasse avancer l'Europe.

 

 
Dernière màj le 8 décembre 2016