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L’Europe tape dans l’EYE de ses jeunes

Pays : France

Tags : EYE2014

Des jeunes de 16 à 30 ans de tous les pays membres et même d’Etats non-membres de l’Union européenne étaient à Strasbourg du 9 au 11 mai à l’occasion de l’European Youth Event 2014 pour célébrer l’Europe et se faire entendre. Echanges d’idées, rencontres, découvertes, mais aussi déceptions, personne ne repart indifférent.

Ils sont venus par train, car ou avion de l’Europe entière. Environ 5500 jeunes ont investi le Parlement européen à l’occasion du cinquième European Youth Event (EYE 2014), qui se tenait, après quatre éditions bruxelloises, à Strasbourg. Pour beaucoup, c’était une première. Certains avaient une idée précise en tête, comme Nikolaj - 24 ans - arrivé de Macédoine dans le but de parler du droit de vote dès 16 ans, d’autres davantage par curiosité. "J’apprécie le simple fait d’être dans l’enceinte du Parlement, je ne pensais pas que nous utiliserions les vrais locaux", indique Sarah, étudiante allemande de 19 ans, impressionnée par le fait de pouvoir écouter deux Prix Nobel à une même conférence. Chaque événement bénéficiait de traducteurs Français, Anglais et Allemands en simultané. "Nous sommes venus en tant que Britanniques, nous repartons en tant qu’Européens", clame Mariam, 19 ans également, et venue avec le British Youth Council, qui ne regrette que la brièveté de l’événement. "Quand on pense aux institutions européennes, on associe cela à quelque chose d’ennuyant et ici ça ne l’a pas été. Les sujets étaient variés et passionnants", poursuit-elle.
 

3 IDEAS ABOUT THE DIGITAL REVOLUTION
Notre envoyé spécial au EYE avait une double casquette. Il était également chargé de soumettre trois idées pour faire avancer l'Europe. En anglais s'il vous plaît. 

The European Parliament, more than other institutions, showed by accepting or refusing some legislations lately that it understands the importance of the internet in the era we are living. The participants definitely expressed a will for more digital opportunities, but at the same time they are reluctant about what can be done to them based on what they do online. Here are 3 ideas I found interesting to develop.Piracy indicatorThe first one would be to create a piracy indicator. Basically it would be a small window which indicates to you when you upload or download a file if it risks piracy, in the same way that it is indicated today when you type a password on any website. It would protect both the artists and the consumers.Create an European antivirusThe second idea is about how European countries could and should share their technologies in order to create together a single antivirus for Europe. The program should be affordable, or even better free, and allow any European citizen to be sure not to catch computer virus or spywares thanks to this common technology.Develop the digital democracyThe third idea is a demand for more democracy through the new technologies we have now. Sometimes people are too lazy to go to the polling stations or they just work all Sunday long and simply can’t vote even when they want to. Today it is possible to do many things in a secured environment on the Internet such as banking operations, so European countries should make it possible to vote online or through smartphones, even when you are in another country. It would also allow extended hours to vote for any election and increase the participation. And as it would be easier and cheaper to organize a vote, online-voting would be an opportunity to experiment with some big referendums all across Europe with questions on the same topic, which would by the way foster the European identity.

Les déceptions n’atténuent pas la volonté de plus d’Europe

Si une grande partie du public était conquis à la cause européenne, tout n’a pas cependant pas été parfait. Julien, étudiant en école d’ingénieur de 23 ans, regrette quelques fautes techniques dans un débat sur les énergies renouvelables. Laura et son amie Mariam, venues respectivement de Frankfurt et Mainz, mais avec la même association d’échanges franco-allemands, se plaignent de débats parfois trop généraux, sur des informations qu’elles auraient pu récupérer en ligne. Charlène, 23 ans, reste aussi sceptique : "On nous demande de nous intéresser à l’Europe, mais dès qu’on soulève des points plus sensibles, comme le traité de libre-échange avec les Etats-Unis ou la non-présence de dirigeants européens ici pour nous écouter, on nous fait comprendre que ce n’est pas le moment, que c’est un peu tabou". Ces frustrations ou ces doutes ne viennent pas ternir l’idée principale, plus forte que les autres, de la nécessité de mélanger des cultures, croiser les points de vue et de construire une Europe plus forte. "Ici, j’ai beaucoup appris sur les pays de l’Est, leur culture, leur perception de la crise et de l’Union européenne", poursuit l’étudiante en sciences politiques de Lille 2, venue avec un groupe d’amis de sa promotion.
 

Un hémicycle plein à craquer pour la cérémonie de clôture

Dimanche matin, l’événement se clôturait avec une session collective dans un hémicycle bondé. "C’était très inspirant d’être dans ce lieu tous ensemble pour conclure ces trois jours", raconte Bianca, Roumaine de 17 ans. Passionnée de politique, elle veut désormais travailler au Parlement européen à l’avenir. Le format de la séance se veut dynamique. Chaque jeune rapporteur présente à tour de rôle trois idées marquantes émises, en deux minutes seulement. Doris Pack, députée européenne et présidente de la Commission de la culture et de l'éducation, a la lourde tâche d’à la fois encourager la jeunesse européenne, écouter les bonnes volontés et défendre le bilan du Parlement, en raisonnant certains sur la faisabilité de leurs propositions. La parole est aussi ouverte au public, mais tout le monde n’a pas le temps de s’exprimer. L’apprentissage de la démocratie européenne peut s’avérer difficile. La protection de l’environnement et accompagner la révolution numérique que nous vivons sont les revendications les plus fréquentes. Elsa, Franco-allemande de 25 ans ressort un peu déçue de la généralité des propos. La complexité de vouloir faire une Europe accessible au plus grand nombre ou la plus efficace possible prend tout son sens. Les idées exprimées par les rapporteurs et l’assistance seront transmises aux nouveaux députés promet le Parlement. Reste à savoir si elles seront prises en considération. La cérémonie se termine sous une vague d’applaudissements et l’hymne européen. Nombreux sont ceux qui restent encore un peu pour échanger, discuter et immortaliser le moment à coup de selfies et de photos de groupe. En quittant le Parlement, quelques gouttes de pluie s’invitent dans le ciel bleu alsacien. Certains jeunes trouvent encore la force de danser, d’autres non. Comme un symbole.

 

 

 

 

Dernière màj le 8 décembre 2016