L'Etat islamique revendique le carnage de Tunis

Pays : Tunisie

Tags : terrorisme, musée

C'est l'attentat le plus meurtrier de l'histoire de la Tunisie. L'attaque terroriste au musée national du Bardo a fait mercredi vingt-et-une victimes, vingt touristes et un Tunisien. Jeudi, le groupe djihadiste Etat islamique a revendiqué l'attentat dans un enregistrement audio.

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"Les touristes étaient clairement visés". Entretien avec notre correspondante à Tunis Rim Mathlouti.

Que s'est-il passé ?

Vers 12h30 ce mercredi, au moins deux hommes armés de nationalité tunisienne ont fait irruption dans le musée du Bardo à Tunis, en tirant sur les touristes qui étaient en train d'en faire la visite. Deux cent-quarante personnes se trouvaient dans l'établissement au moment de l'assaut, qui a pris fin vers 15h30. Selon notre correspondante sur place, Rim Mathlouti, les terroristes auraient d'abord tiré sur le bus qui avait amené les touristes sur place, preuve qu'ils souhaitaient s'en prendre à des étrangers.

Quel est le bilan ?

Selon un nouveau bilan fourni jeudi par le ministère tunisien de la Santé, l'attaque du musée du Bardo a fait vingt-et-une victimes dont vingt touristes. Ceux-ci sont de nationalités française, italienne, espagnole, anglaise, belge, colombienne, japonaise, polonaise et australienne. Un policier tunisien a lui aussi trouvé la mort. Essid a fait également état de quarante-deux blessés et a précisé que les deux assaillants ont été tués dans l'opération des forces de l'ordre. Jeudi, la présidence tunisienne a annoncé l'interpellation de neuf personnes suspectées d'avoir été en relation avec ces derniers.

Y a-t-il des revendications ?

Jeudi, au lendemain du carnage, le groupe Etat islamique a revendiqué dans un enregistrement audio l'attaque du musée. Un communiqué du groupe est signalé par SITE, un site de surveillance des mouvements extrémistes. L'EI rend hommage aux deux assaillants, qu'il qualifie de "chevaliers de l'Etat islamique". L'enregistrement audio précise également que "le califat a attaqué les apostats avec des armes à feu et des grenades, tuant des douzaines d'entre eux". Les deux assaillants ont par ailleurs été identifiés par les autorités tunisiennes et se nomment Yassine Abidi et Hatem Khachnaoui.

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Le reportage "Tunisie, la tentation du djihad", immersion au sein du groupe salafiste-djihadiste tunisien "Ansar al-Charia".

Etait-ce prévisible ?

La Tunisie avait été menacée à plusieurs reprises par les différentes mouvances djihadistes qui ont émergé depuis la révolution de 2011 et la chute du président Ben Ali. Le groupe Okba Ibn Nafaâ est particulièrement actif dans la région du mont Chaambi, à la frontière avec l'Algérie. A l'heure actuelle, les Tunisiens forment également le plus gros contingent de djihadistes étrangers en Syrie, en Irak et en Libye - entre trois et quatre mille selon le ministère des Affaires étrangères tunisien.