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Législatives espagnoles : vers un nouveau statu quo

Pays : Espagne

Tags : Podemos, élections législatives

Le 26 juin, les Espagnols étaient appelés aux urnes pour la seconde fois depuis décembre dernier. Verdict : les conservateurs du parti populaire (PP) sont arrivés en tête du second scrutin. Le parti du chef de gouvernement Mariano Rajoy, au pouvoir depuis cinq ans, a gagné 14 sièges et 500 000 voix depuis les élections de décembre. Le Parti socialiste (PSOE) reste la seconde force politique du pays avec 85 députés. La coalition "Unidos Podemos", réunissant Podemos et le parti d’extrême-gauche Izquierda Unida, est juste derrière avec 71 députés.

Autant dire que le rapport de force entre les trois principaux partis politiques ne bouge pas d’un iota par rapport aux précédentes élections de décembre 2015. La victoire du PP est nette, mais il reste loin de la majorité absolue de 176 députés sur 350. Le bipartisme résiste et Podemos n’a pas réussi à se hisser à la seconde place.

 

Et maintenant, comment gouverner ?

En décembre dernier, le Parti populaire (PP) avait perdu la majorité absolue et n’avait pas pu réussir à trouver un partenaire d’alliance, notamment à cause des scandales de corruption qui ont éclaté au sein du parti. Les socialistes étaient arrivés en seconde position. Eux non plus n’ont pas pu créer une coalition. Podemos et les libéraux de Ciudadanos sont arrivés respectivement à la troisième et à la quatrième place. Faute d’accord, ces quatre grandes forces n’ont pas pu former un gouvernement et les législatives ont été rapportées au 26 juin.
"Nous réclamons le droit de gouverner", a lancé Mariano Rajoy. Rien n’est moins sûr : pour le numéro 2 du parti socialiste (PSOE), Cesar Luena, la "vocation [du PSOE est] d'évincer Rajoy".  "Nous n'appuierons Rajoy ni par action ni par omission" ajoute-t-il. Si cette position reste figée, Mariano Rajoy aura bien du mal à former une coalition pour gouverner, même avec l'appui des 32 députés du Parti libéral Ciudadanos. Et pourtant, tous les partis ont promis de tout faire pour éviter de rappeler les électeurs aux urnes pour un "troisième tour".

 

Podemos, l’espoir douché

La coalition "Unidos Podemos", formée par le parti anti-austérité Podemos et Izquierda Unida, est le grand perdant. Elle a perdu 1,2 million de voix en six mois, même si elle a pu conserver 71 sièges, autant que quand les deux partis s'étaient présentés séparément en décembre. "Nous espérions un résultat différent", a expliqué Pablo Iglesias, professeur de sciences politiques de 37 ans et chef de Podemos : "il va falloir réfléchir". Podemos y croyait pourtant : les derniers sondages avant l’élection plaçait la coalition devant le Parti socialiste (PSOE). 

 

Il y a un an, le parti d’extrême gauche Podemos a pris la tête de la mairie de Madrid avec la victoire de Manuela Carmena. Aujourd'hui, la politique qu'elle incarne pourrait bien s'imposer au niveau national après les prochaines élections législatives. Le dossier prioritaire qu'aura à traiter le parti -s'il parvient à obtenir suffisamment de sièges- est celui des expulsions immobilières de familles modestes. Entre 2008 et 2014, plus de 500 000 de procédures de ce type ont été entamées : ce dossier est le défi de Podemos. Reportage de Marion Touboul et Joseph Gordillo.

Espagne : L'espoir Podemos chez les plus démunis

 

 

Dernière màj le 28 juin 2016