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Les mâles politiques, tous sexistes ?

Pays : Russie

Tags : Sexisme, Machisme, Homme politique, Poutine, Clinton

Le saviez-vous ? Selon une étude publiée le 2 juin dans une revue américaine, les ouragans féminins sont bien plus mortels et destructeurs que leurs homologues masculins. Une hystérie féminine toute naturelle, dirons-nous pour rester dans le ton des déclarations de cet article. En tout cas, la peur de la déferlante du cyclone féminin n’arrête pas les hommes politiques dans le monde, qui ne manquent pas une occasion de mesurer les compétences des femmes en fonction de leur taille de bonnet. Tour du monde des "meilleures" déclarations politiques machistes et sexistes.

 

"Si [les discours de Poutine] vous semblent familiers, c’est parce que c’est ce qu’a fait Hitler dans les années 30" 

Hillary Clinton - 04/03/2014

Le combat est une affaire d’hommes

Dernière déclaration en date, celle de Vladimir Poutine en réponse à Hillary Clinton (à gauche) qui suscite une polémique non pas tant dans la teneur du propos, mais dans sa traduction. Bref, vous avez le choix : "vous savez, il est préférable de ne pas débattre avec les femmes" ou, celle-ci qui serait plus « convenable », selon les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux (allez une petite au hasard, de Laurence Parisot) : "il vaut mieux ne pas se disputer avec les femmes", mais avec les hommes oui ? L’art de la guerre -et la politique en est une- est donc avant tout un art gorgé de testostérone.  

 

A vous de juger cette sortie, qui a fait éluder la fin de ce discours on ne peut plus féministe : "pour une femme, la faiblesse n’est pas tellement un défaut".

 

Les femmes cèdent à l’hystérie

La première faiblesse des femmes est la chaleur de leur sang : incapable de garder calme et contrôle, il est nécessaire de les tempérer. A la façon d’un David Cameron lançant à la députée de l’opposition Angela Eagle un "calme-toi chérie", lors d’une session parlementaire (octobre 2011). 

 

Les femmes ne savent pas dire non

La seconde faiblesse est sans nulle doute la mollesse de leur volonté, qui les empêche -Cqfd- un rôle politique réel, en dehors de la potiche de parti, et d’assumer des fonctions décisionnelles. Laissons la parole au président chilien Sebastián Piñera à la fin d'un sommet des chefs d'Etat au Mexique en 2011 : "Quelle est la différence entre un politicien et une dame ? Quand un politicien dit oui, il veut dire peut-être, quand il dit peut-être, il veut dire non et si il dit non, ce n'est pas un politicien. Quand une dame dit non, elle veut dire peut-être, quand elle dit peut-être, elle veut dire oui et si elle dit oui, ce n'est pas une dame". Tiens, mais alors comment une femme dit-elle non ?

 

"J’ai découvert ce qu’est le point G des femmes... c’est la dernière lettre de shopping"

Silvio Berlusconi, à Vérone - 03/11/2007

Les femmes ne savent faire que ce qu’elles ont toujours fait

A commencer par repasser. Ainsi, on pouvait lire en 2008 sur une pancarte "Iron my shirt" –repasse ma chemise–, un adoucissant adressé à Hillary Clinton, lors de l’un de ses meetings  pour la présidentielle. Sa réponse, cinglante et acclamée par l’assemblée est à voir ici

 

Ensuite, forcément : s’occuper des enfants. En 2007, lorsque Ségolène Royal annonce sa candidature à la présidentielle, Laurent Fabius a posé cette question que tous les français s’étaient posée : "mais qui va garder les enfants?".

 

Enfin, le classique : être belle. Citons Jean-Luc Mélenchon à destination de Ségolène Royal en 2005 : "la présidence de la République n’est pas un concours de beauté". Ou Silvio Berlusconi déclarant lors d’une émission de télévision que la présidente du parti démocratique, Rosy Bindi, était "plus belle qu’intelligente". Ou encore le ministre des Transports sri-lankais, Kumara Welgam, déclarant à Rosy Senanayake, députée de l'opposition en décembre 2012 : "vous êtes une femme charmante. Je n'ai pas de mots pour décrire mes sentiments, mais nous pouvons nous retrouver en dehors du Parlement et je vous les décrirais".

 

Arrêtons-nous là : bien sûr que tous les hommes politiques ne sont pas misogynes et il y aurait bien de nombreux contre-exemples.  Dominique Strauss Kahn ne disait-il pas lui-même en mai 2011 : "oui, j’aime les femmes, et alors ?" Une chose est sûre : en politique les femmes doivent être armées et blindées ; des dames de fer, des princesses de gaz, qui doivent se montrer plus dures que les hommes. Quoi de plus nécessaire pour pouvoir passer de potiche à femme d’influence ? 

 

Conclusion : rien d’étonnant que les cyclones féminins soient plus dévastateurs que les hommes, ils y sont contraints. Et ce n’était pas la peine de faire une étude pour le prouver.

Dernière màj le 8 décembre 2016